La vie secrète des crustacés

La Bretagne est le premier producteur national de crustacés, avec une pêche annuelle d’environ 15.000 tonnes. En 2003, la flottille professionnelle se composait d’environ 700 chalutiers, caseyeurs ou fileyeurs pêchant la langoustine, le tourteau, l’araignée, le homard et la langouste.

Le rôle des crustacés dans la mer est comparable à celui des insectes sur terre. Par exemple, le crabe tourteau possède, comme la coccinelle, un squelette externe. Et tous deux sont bardés d'antennes et de pattes articulées. Dans la classification du vivant, ce sont tous des arthropodes. Ils constituent, avec plus d'un million d'espèces, l'embranchement le plus important du règne animal. Quant à la classe des crustacés, elle regroupe quelques 45.000 espèces que l'on retrouve essentiellement dans les milieux aquatiques; quelques espèces sont terrestres.

En Bretagne, certains crustacés présentent des formes originales et très inattendues. C'est le cas de la balane, cimentée par la tête aux rochers, que connaissent bien les pieds des pêcheurs et des baigneurs. Cet animal se fixe également sur les coquilles de certains mollusques (comme les moules), sur les coques de bateaux? A marée haute, grâce à ses cirres (1), la balane filtre l'eau pour récupérer le plancton.
Autre étrange crustacé : l'anatife, suspendu par un fort pédoncule, aux épaves flottantes; il nous ferait songer à un  "coquillage". Ce crustacé possède, comme la balane, des cirres pour attraper les particules alimentaires en suspension dans l'eau.

Le terrier de la langoustine

Depuis les grandes profondeurs jusqu'au niveau des basses mers, les modes de vie des crustacés sont très différents.
Au sud de la Bretagne, les fonds vaseux, situés par 100 mètres de profondeur, constituent l'habitat de la langoustine. Elle creuse des terriers dans la vase, elle en sort habituellement en début ou en fin de journée; c'est à ces heures qu'on la pêche le mieux.

  • Le roi des crustacés, le homard, vit entre 20 et 100 mètres de profondeur. Il affectionne plus particulièrement les anfractuosités des roches qui lui servent d'abri. De coloration bleu foncé, le homard possède deux énormes pinces. La plus grosse lui sert à broyer ses proies, la plus fine à les saisir et à les découper.
    N'oublions pas le « squatteur de coquille », le bernard-l'ermite, appelé également pagure (du grec : pagauros, qui a la queue en forme de corne). Il protège son abdomen mou dans des coquilles vides de mollusques gastéropodes. Quand il se sent trop à l'étroit, il change de coquille, avec une habileté étonnante. Le bernard-l'ermite a, très souvent, une anémone de mer fixée sur sa coquille. Une véritable association s'établit entre ces deux individus. L'anémone de mer protège le bernard-l'ermite de ses prédateurs, en échange, l'anémone récupère les restes de son repas. Parfois, ce n'est pas une anémone de mer, mais une éponge qui vit avec ce crustacé au mode de vie étonnant.

Une croissance par étapes

Pour grandir, le crustacé doit se débarrasser de sa carapace devenue trop petite. On appelle ce phénomène la mue. Une nouvelle carapace molle se développe sous l'ancienne. Puis, en quelques minutes, le crustacé sort, à reculons, de son ancienne carapace. Il lui faudra attendre plusieurs jours pour que sa nouvelle carapace durcisse. C'est à ce moment qu'il grandit par absorption d'eau dans ses tissus. Durant cette période, il est très vulnérable et cherche à se cacher. Chez les crabes, le poids augmente alors de 20 à 100%.
Le saviez-vous ? Lors de la mue, toutes les parties chitineuses (2)  sont renouvelées, de la carapace jusqu'aux plus petits poils sensoriels, en passant par la partie externe des branchies.
Certains crustacés ont la possibilité de s'amputer volontairement d'un ou plusieurs appendices. Ils seront progressivement reconstitués au cours des mues successives. Cette mutilation, ou autotomie, permet aux crustacés d'échapper à un prédateur en lui abandonnant une ou plusieurs pattes.

(1) Pattes transformées en forme de peigne.
(2) La carapace des crustacés contient une substance : la chitine, utilisée dans l'agroalimentaire, la santé et le traitement de l'eau.

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Pratique

La balane
Protégée par un système de plaques calcaires, elle se fixe sur les rochers, les coquilles ou aux coques de bateaux.

Le pouce-pied
Cousin de l'anatife qui vit aggripé à des objets flottants, le pouce-pied se fixe sur les rochers, son corps est comestible.

L'étrille ou crabe cerise
Elle possède deux pattes arrière transformées en nageoires et des pinces très acérées.

Le homard
Le roi des crustacés est un solitaire. Sa couleur varie du bleu foncé au bleu clair.

Le bernard-l'ermite
Il protège son abdomen mou dans une coquille vide de mollusque.

La crevette rose
Appelée également bouquet, elle vit dans les algues, les rochers et les fonds sableux.

La dromie
Elle porte une éponge grâce à ses deux pattes arrière très pointues. Elle passe ainsi inaperçue.


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