Poissons bretons

Les côtes bretonnes représentent un tiers du littoral métropolitain. Une richesse que la Bretagne a toujours su exploiter et préserver. Depuis deux siècles, la pêche est l'une de ses activités phares.

Tournée vers la mer, la Bretagne est la première région française de pêche pour la flotte, l'emploi et la production. Cette première place, elle la détient surtout parce que toutes les conditions sont réunies pour que ses eaux soient les plus poissonneuses du pays. C'est grâce à une ressource très diversifiée et, autrefois, présente en abondance, que toutes les activités liées à la pêche ont ainsi pu se développer.

Précieuses sardines

Pourtant, cette diversité d'espèces n'est pas à l'origine de l'essor de la pêche bretonne. Tout commence au début du XIXe siècle avec l'exploitation de la sardine, une espèce saisonnière. Des milliers de chaloupes sont alors armées pour la pêcher. Une fois débarquées, les sardines étaient conservées au sel dans des barils. Pressées, elles produisaient une huile pour l'éclairage. Avec l'invention de la conserve alimentaire, les usines de mise en boîte vont, peu à peu, remplacer les presses. La sardine fait vivre alors des villes entières comme Douarnenez ou Concarneau. Pendant que les hommes pêchent, les épouses travaillent dans les conserveries. Mais de 1902 à 1909, les capricieuses sardines désertent les eaux bretonnes. La très grave crise économique qui s'ensuit oblige alors les industriels de la transformation, qui dirigent la filière, à se tourner vers de nouvelles espèces, également saisonnières, comme le maquereau et le thon germon. Avec l'épuisement de la ressource et les nouvelles attentes des consommateurs, la première moitié du XXe siècle voit l'avènement de la pêche fraîche. La motorisation des bateaux et l'étendue du plateau continental vont permettre de ramener des espèces vivant plus loin des côtes. Les navires partent plusieurs jours. Les poissons sont glacés à bord pour être conservés le temps de la marée. Le chalut devient l'engin de pêche prédominant. La pêche industrielle se développe ainsi que la pêche artisanale hauturière. De nos jours, ces chalutiers débarquent principalement du lieu noir, de l'églefin et de la baudroie.

Une pêche artisanale

Cependant, avec plus de 80 % des navires bretons, la pêche artisanale côtière reste prédominante. Les principales espèces capturées ont une haute valeur commerciale : en particulier le bar, le lieu jaune, la lingue, le merlu, la raie et le turbot. Le bar est surtout pêché à la ligne ou à la palangre tandis que les autres le sont principalement au filet droit. Ces quelques espèces de poissons ne doivent pas faire oublier l'importance de l'exploitation des algues ( laminaires), des crustacés ( tourteau, araignée, langoustine…) et des bivalves ( coquille Saint-Jacques, palourde…) dans notre région. Si, par le passé, les pêcheurs ont su tirer profit de l'extraordinaire richesse de la biodiversité des côtes bretonnes, c'est avec l'aide des scientifiques et des politiques qu'ils doivent maintenant la gérer.

Pourquoi la Bretagne est-elle très poissonneuse ?

Aux abords de la Bretagne, toutes les conditions qui favorisent la production de matière vivante sont réunies. La partie immergée du continent est très étendue à cet endroit. Cette immense plaine sous-marine, en pente douce, profonde au maximum de 200 mètres, est appelée plateau continental. Ces eaux peu profondes sont très riches en éléments nutritifs provenant du continent et du recyclage de la matière organique. Elles sont également bien brassées par de puissants courants de marées. Avec l'accroissement de la lumière au printemps, il n'en faut pas plus pour que le plancton végétal prolifère. La croissance végétale reprend également sur les côtes rocheuses.

Ce littoral très escarpé qui caractérise la Bretagne est propice à la fixation des grandes algues brunes et notamment des laminaires qui forment d'immenses champs sous-marins. Plancton végétal et champs d'algues, départs de la chaîne alimentaire marine, font du plateau continental une zone fertile, où règne une activité de pêche intense.

Le germon

Egalement appelé thon blanc, il est, de plus en plus, vendu en frais.

Le bar

Apprécié tant pour la qualité de sa chair que pour son comportement au bout de l'hameçon.

Le lieu jaune

Chair très appréciée et commercialisée à l'état frais.

Le lieu noir

Surgelé, il est vendu sous le nom de colin.

Le merlu

Commercialisé frais, il est très apprécié pour la texture et le goût de sa chair.

La lingue

Surtout vendue en filets sous le nom de julienne.

La baudroie

Seules la queue et les joues sont commercialisées sous le nom de lotte.

La raie

Bouclée, brunette, douce, fleurie, lisse ? Toutes ces espèces sont vendues en " ailes " fraîches sous la même appellation.


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