
Le 22 janvier dernier, Kéréon a connu ses dernières heures de phare habité avec l’ultime relève. Il entraîne avec lui un pan de l’histoire des phares.
Frédéric et Jean-Philippe ont été les derniers gardiens à accoster le phare de 41 mètres de haut et à en prendre soin. Le dernier phare de France, où les relèves s'effectuaient par l'intermédiaire d'un filin tendu par un bateau, est maintenant automatisé.
Plusieurs anecdotes ont ponctué les 11 années de construction qui ont coûté la vie à un ouvrier emporté par la mer. Mais l'administration n'a pas pour autant cédé à l'adversité. Le don attribué en 1910 à l'Etat redonna du c?ur à l'ouvrage : les travaux reprirent grâce au demi-million de francs légué par une descendante de Charles-Marie Le Dall de Kéréon, soucieuse de conserver la mémoire de ce jeune officier de marine guillotiné en 1740.
Kéréon, que les connaisseurs se plaisent à nommer « Le Palace », est le dernier phare de pleine mer à avoir bénéficié d'un aménagement luxueux après la Grande Guerre, avec des sols marquetés et des salles lambrissées.