
Rayé de la carte le petit port de Lesco ? A en croire le « Livre vert » de technocrates bruxellois et une réduction de l’effort de pêche de 40 %, c'était fait. Lesco mérite pourtant un bel avenir tant on s'y sent bien !
Au temps de sa splendeur, le port de Lesconil abritait 50 chalutiers côtiers fournissant du travail à 200 à 250 marins-pêcheurs. En 1990, les effectifs avaient déjà fondu. Mais la flottille comptait encore 37 chalutiers pour près de 120 marins. Aujourd'hui, il ne reste que 15 bateaux et une petite cinquantaine de pêcheurs.
Yannick Le Moigne en veut à ceux qui ont inventé les POP et "cassé du bateau" sans améliorer la situation : « On a oublié d'écouter les professionnels. Ils sont pragmatiques. Ils connaissent bien la ressource. Au lieu de casser, il fallait respecter les périodes de frai, trouver des compensations, rendre les engins de pêche plus sélectifs et faire respecter les règlements. De plus, les POP ont eu des effets pervers : la flotte a vieilli et les prix de l'occasion ont flambé ».
Le maire de Plobannalec-Lesconil, 41 ans, se souvient : « Dans les années 75, nous étions une bande de douze copains. Neuf sont devenus pêcheurs. Cinq sont aujourd'hui patrons. La mer ouvrait des portes et offrait des opportunités ». Yannick Le Moigne n'imagine ni la mort du port de pêche de Lesconil ni la disparition de la pêche. Il est, par contre, persuadé que, pour inverser les tendances, il faudra maîtriser quatre données : la ressource, les hommes qu'il faut valoriser, les outils qui devront être sécurisants et modernes, les circuits de transformation et commerciaux qui devront se renforcer.