
Profonds estuaires remontant au coeur d'une campagne généreuse, larges baies d'où la mer se retire presque à perte de vue, multitude d'îles et de presqu'îles, caps et criques, falaises et marais: la frange littorale trégorroise balance entre terre et mer les incertitudes d'une frontière mouvante.
A l'image de ces deux mondes étroitement imbriqués, les hommes se sont ici tournés vers la mer sans renoncer à la terre. Souvent paysans tout autant que marins, ils ont construit des bateaux polyvalents, pratiquant un peu la pêche côtière, ramassant le goëmon pour engraisser la terre, draguant le maërl pour l'amender, et jouant les gabares à l'occasion.
Ces bateaux, des petits lougres non-pontés nommés en breton "kovek" (ventrus) ou bottoiers coat (sabots) en raison de leur frégatage, ont navigué jusque dans les années trente entre Perros-Guirec et la rivière de Tréguier. Grâce aux témoignages d'anciens goémoniers et de leurs familles ainsi qu'à un long travail de recherche de documents (rares : on construisait ici sans plan ni demi-coques), l'association pour la conservation et la sauvegarde du patrimoine maritime de Perros-Guirec a réussi à reconstituer ce qu'étaient ces flambarts.
L'association a également reconstitué la vie des marins du début du siècle. Ils récoltaient le goémon sur les îles durant l'automne et l'hiver (surtout du goémonnoir à usage d'engrais -et non des laminaires destinés à la fabrication de la soude, spécialité léonarde-) puis armaient au sable et au maërl au printemps et en été, selon les besoins des maçons et des agriculteurs, tout en pratiquant la pêche côtière en alternance.
Caractéristiques du "Ar Gent Iles"
Longueur : 8,90 m; largeur : 3,48 m; tirant d'eau : 1,53 m; surface de voilure : 78 m2.