Trédrez-Locquémeau : le flambart sardinier Barr Awel

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Au fond de la baie de Lannion, le port de Locquémeau abrite derrière son sillon de galets et ses roches affleurantes une petite flottille de pêcheurs côtiers pratiquant la drague à la coquille l'hiver et le filet à crabes à partir du printemps. Un bateau rapelle l'époque où Locquémeau était un port sardinier reconnu : le flambart sardinier "Barr Awel".

Ils sont les héritiers d'une tradition de pêche solidement ancrée ici, mais le métier n'est plus le même : Locquémeau avait en effet autrefois la particularité d'être un port sardinier, le seul sur cette côte Nord de la Bretagne.

Car la sardine venait jusqu'ici. Sans doute Locquémeau devait-il cette manne au Gulf Stream, ce courant chaud venu d'Amérique pour le bonheur des Trégorrois, dont il adoucit le climat littoral : trompé par la température de l'eau, le petit poisson d'argent manquait l'embranchement de la pointe de Bretagne, et quelques bancs allaient finir leur course en baie de Lannion tandis que le gros de la troupe s'orientait vers la Bretagne Sud. Un bateau a marqué cette époque : le flambart sardinier.

Plus de 50 à la sardine

"Marie", LA468 était une de ces chaloupes comme Locquémeau en a compté plus de 50 au temps où la sardine abondait et où Lannion était quartier maritime. Elle a fait partie des rares survivants de la crise qui a frappé le port en 1952, lorsque le poisson a décidé de ne plus revenir dans ces deux usines de conserve qui achetaient la pêche à deux sous la caisse, obligeant la flottille à se concentrer sur ses activités annexes : le chalut à perche puis la drague au coquillage et le filet à crabe.

Fierté

A la différence de nombre d'autres flambarts, construits pour la plupart au chantier local Landouar, "Marie" est née au chantier Sibiril, de Carantec, en 1924. Son patron, Déo Colas, en était fier : elle s'était fait une jolie réputation de vitesse lors des régates qui réunissaient toute la flottille à chaque 15 août.  lle a été exploitée jusqu'à la fin des années 50, et a été démolie en 60.

Sa réplique est due au chantier de Primel, où travaillent trois générations de Rolland. Le grand-père a sans doute travaillé à la construction de "Marie" : il était en effet apprenti chez Sibiril, à l'époque où elle a été commandée.

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Pratique

Caractéristiques du "Barr Awel"

  • Le nouveau flambart a été baptisé "Barr Awel" (coup de vent) par les enfants de l'école.
  • " Barr Awel ", flambart sardinier de Locquémeau, réplique de "Marie" (1924), construit par le chantier Rolland, de Primel. Longueur : 6,90 mètres, largeur : 2,50 mètres, tirant d’eau : 1,40 mètre; surface de voilure : 67m2; budget : 320.000 F.

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