
Difficile, pour un petit port de pêche côtière et de plaisance qui ne vit plus que dans le souvenir de sa grandeur, de se lancer dans la reconstruction d'un navire hauturier. Pourtant "La Pauline", réplique d'un flambart pilote du début du siècle, a vu le jour à Dahouët.
Dahouët était déjà "le vieux port des comtes de Penthièvre", au temps lointain du duché de Bretagne. Actif dès le moyen-âge, il armait au commerce avec l'Angleterre une importante flotte de navires marchands, transportant matières premières, grain, sel, vin, toiles d'Uzel et de Moncontour, étains et fers travaillés des manufactures de Lamballe : il était le seul débouché d'un prospère arrière-pays industriel et agricole. Son trafic (ardoises, houille, pierres meulières, huîtres, morue, céréales, pommes de terre, porto de contrebande, etc.) s'est développé avec l'aménagement du port jusqu'au siècle dernier.
A côté de cette activité marchande s'est également développée, très tôt, la grande pêche dahouëtine : le premier terre-neuvier connu, "La Jacquette", allait déjà traquer la morue avant 1510. Jusqu'à la guerre de 1914, trois-mâts de Terre-Neuve et goélettes islandaises ont partagé avec les navires de charge, bricks, lougres et chasse-marées, les quais de la ria de la Flora. Seule la petite pêche a survécu.
Difficile, pour un petit port de pêche côtière et de plaisance qui ne vit plus que dans le souvenir de sa grandeur, de se lancer dans la reconstruction d'un navire hauturier. La commune de Pléneuf, à laquelle appartient Dahouët, compte 3600 habitants, et il n'était guère envisageable de nourrir des ambitions à la mesure de " La Recouvrance " de Brest.
Ainsi évoque-t-on le temps des trois-mâts et goélettes que le pilote allait chercher en mer pour négocier la délicate entrée de l'estuaire, sans pour autant négliger la tradition de pêche puisque le bateau-pilote pratiquait également le chalut à perche comme les autres flambarts auxquels il ressemblait comme un frère.
A l'époque, en 1900, Dahouët armait à la pêche côtière une quinzaine de chaloupes pontées et de canots creux.
Caractéristiques de "La Pauline"
Longueur de coque : 9,50 rnètres (16,30 hors-tout); largeur : 3,45 mètres; tirant d'eau : 1,80 mètre; déplacement : 11 tonnes; surface de voilure : 95 rn2; budget : 600.000 F.