Saint-Malo : le "Renard", cotre corsaire de Surcouf

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Saint-Malo a bâti sa fortune en propulsant ses marins dans l’Histoire : l’histoire des grandes découvertes avec Jacques Cartier, l’histoire de l’économie des pêches avec ses Terre-Neuvas, l’histoire enfin des guerres qui ont opposé durant des siècles la France et l’Angleterre.

Ces guerres, les Malouins les ont menées à leur manière : la course. Une activité à la fois commerciale et militaire qui permettait de renforcer, par des navires privés armés en guerre, la puissance de la Marine Royale. Les capitaines corsaires, titulaires d'une "lettre de marque" délivrée par le Roi (puis la jeune République et l'Empire), avaient mission d'attaquer les navires marchands battant pavillon ennemi, et de s'emparer de leur cargaison. A charge pour eux de la revendre et de reverser une partie des bénéfices à l'Etat.

Le plus fameux des Corsaires

Saint-Malo a décidé de rendre hommage au plus fameux des corsaires en reconstruisant le dernier navire armé par Surcouf : le "Renard".

  • Mousse à 13 ans, capitaine à 22, Robert Surcouf a taillé sa légende dans l'Océan Indien, où l'Anglais se plaisait à croire qu'il naviguait en maître. Embarqué à bord de navires négriers et de ravitaillement, il accomplit son premier exploit en 1795 lorsque, tout jeune capitaine de Cartier, il prend à l'abordage un puissant navire marchand armé, le "Triton" : à la tête de ses 18 hommes, il viendra à bout des 150 marins anglais et traitera avec la plus grande politesse les passagères anglaises.

Fin de course

Sa réputation est faite. Elle grandira encore cinq ans plus tard avec la prise de "Kent", un vaisseau britannique quatre fois plus fort que sa petite  goélette "La Confiance". Là encore, il l'emportera à 185 hommes contre 437. Il commande ensuite le trois-mâts "Le Revenant". Nous sommes en 1808. C'est la fin de la course en Océan Indien. Surcouf a 35 ans et "raccroche" : l'aventure lointaine est terminée; il va vivre désormais à Saint-Malo sa vie d'armateur, en père de famille.

  • La course en Manche n'est plus ce qu'elle était. Les Anglais sont plus vigilants, les bénéfices diminuent. En 1812, Surcouf arme le " Renard ", un cotre de 20 mètres rapide et manoeuvrant, portant 10 caronades et quatre canons. Il en confie le commandement à Emmanuel-Yves Leroux-Desrochettes. A son bord, 61 hommes. Le 8 septembre 1813, le "Renard" rencontre près des côtes anglaise la goélette de guerre "Alphéa", forte de 16 canons et autant de pierriers, et armée par 80 hommes d'élite. Le combat s'engage dans la nuit, meurtrier. Il demeure incertain, durant plusieurs heures, jusqu'au moment où une salve tirée par le cotre malouin atteint la réserve de poudre de la goélette qui explose et disparaît corps et biens.

Dernier bateau corsaire

  • Le " Renard ", durement éprouvé et mené par les 13 hommes demeurant valides, rallie Diélette puis Saint-Malo. Il avait livré le dernier combat corsaire : quatre mois plus tard, la France abolissait la course. L'année suivante, Waterloo sonnait le glas de l'Empire. Robert Surcouf, riche armateur désormais pacifique mourra d'un cancer en 1827, à l'âge de 54 ans.

Le "Renard", cotre corsaire construit en 1812 pour l'armateur Robert Surcouf. Reconstitution par le chantier Labbé, à Saint-Malo.

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Pratique

Caractéristiques du "Renard"

Longueur de coque  : 19 mètres (hors-tout : 30 mètres); largeur : 6 mètres; déplacement : 70 tonnes; surface de voilure : 250 m2; artillerie : 10 caronades et quatre canons; budget : 4.5 MF.


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