
L'été 92. Alors que se déroule à Brest le grand rassemblement des voiliers traditionnels, l'îIe de Groix entre à son tour dans la danse en entamant la construction de son bateau.
Un thonier, bien sûr. Comment aurait-il pu en être autrement, dans cette île marquée par le germon comme aucun autre port ne l'a jamais été ?
A Groix, comme ailleurs, la première pêche a longtemps été la sardine. A Groix, comme ailleurs, la disparition du petit poisson a contraint les marins à chercher d'autres captures. Mais, ici, l'activité de substitution a vite dépassé en importance celle d'origine : les grandes chaloupes sardinières non pontées, gréées au tiers, se sont recyclées en chalutiers-germoniers dès les années 1860 et traquaient, à la belle saison, les bancs de thon avec succès.
Profitant de sa proximité des lieux de pêche, Groix développe son industrie de la conserve et sa flottille. A la veille de la guerre de 1914, il y a ici 260 thoniers, sans compter les dundees groisillons armés sur le continent. Port-Tudy, malgré ses dimensions modestes, est le premier port thonier français. Rançon du progrès : le développement des glacières et la motorisation amorcent dès les années 1940 le déclin de la pêche thonière de l'île.
Leur rapidité leur permettait de revenir à terre dans les meilleurs délais pour livrer leur poisson frais aux usines de conserve. Elle leur permettait aussi de pratiquer à l'occasion la contrebande de sardine espagnole. Enfin, pour le plaisir et la fierté des marins, elle en faisait de magnifiques bêtes de régates lors des fêtes de l'île.
Au terme de sa carrière germonière, il a été transformé en crêperie à Port-Louis puis racheté par deux jeunes qui n'ont pu mener à bien sa remise en état. Cédé au Musée de l'Atlantique puis confié à l'arsenal de Lorient, il a été détruit en 1978.
Caractéristiques du "Mimosa"
Longueur de coque : 20 mètres; largeur : 6,78 mètres; tirant d'eau : 3,45 mètres; budget : 5 MF.