Helsinki, la chaleur du coeur en Finlande

Entre l'influence suédoise dont le pays garde la trace et la tutelle russe, la Finlande a eu du mal à trouver sa voie. Désormais, cet élève modèle de l'Europe développe une approche originale entre modernité et traditions.

Kippis ! « A votre santé », disent les Finnois dans un pays où l'on trinque volontiers pour se réchauffer d'un climat polaire, du moins en hiver (il fait souvent -30° C). D'où la tradition du sauna, un lieu où se finalisaient bien souvent les accords politiques. Depuis que les femmes votent et peuvent être candidates (le Parlement, qui fait face au grand quotidien Helsinki Sanoma, a été construit en 1932), le recours au sauna s'avère plus délicat. D'autant que le chef de l'Etat, dont une statue d'art moderne en fer forgé trône dans le centre-ville, est une femme.

En 1808, Napoléon 1er et Alexandre 1er décident que la Finlande dépendra de la Russie et non plus de la Suède. Alors que le finnois vient du hongrois, le suédois a pour racine linguistique l'allemand. Son influence demeure très présente, comme à Vaasa, fondée par le roi de Suède, Charles IX, au bord du golfe de Botnie.

Economie florissante

En face d'Helsinki, on visite l'île de Suomenlinna, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Une forteresse investie par les Suédois en 1748, soixante ans avant que les Russes n'en fassent un lieu de garnison, identifié par de petites maisons en bois. Un monument a, d'ailleurs, été érigé à la gloire du gouverneur suédois, Augustin Ehrensward. Hormis une campagne de russification brutale au début du XXe siècle, les Finlandais n'eurent pas trop à se plaindre du Tsar. Mais la révolution de 1917 donna le signal de la guerre civile car une partie de la population voulait être rattachée à la Russie. En 1945, la Finlande perdit la Carélie, où vivaient un million de Russes.

Avec ses cinq millions d'habitants (mais 30 millions de personnes parleraient finnois dans le monde), ce petit pays se devait de ménager ses relations avec l'ours soviétique si proche. D'où l'expression de  "finlandisation", longtemps considérée comme une forme de soumission. Laquelle ne fut qu'apparente. Car les Finlandais sont durs à la tâche et se sont donné les moyens d'apparaître comme l'un des bons élèves de l'Europe, avec une économie florissante basée sur les hautes technologies, à l'exemple de Nokia City, la ville dédiée au géant de l'électronique.

Trois heures de nuit

Dans un pays qui voit la lumière seulement quelques heures par jour, en hiver, on attend avec impatience les saisons. En été, c'est l'inverse : la nuit dure à peine trois heures. Ces conditions de vie difficiles forgent un tempérament introverti, travailleur et chaleureux.

Les Finlandais sont des paysans qui, il y a 50 ans, habitaient encore à la campagne des maisons de bois et venaient laver leurs tapis dans les lacs. Les élans qui peuplent les forêts (plus de 100.000) n'ont pas toujours compris les contraintes de la société industrielle puisqu'ils percutent fréquemment des voitures. Toutes les îles proches de la côte nord-ouest de la Finlande (il y en a 190.000) ont gardé l'atmosphère du XIXe siècle avec recours au costume traditionnel pour accueillir les visiteurs. Cette société pastorale, fortement empreinte de religiosité, est particulièrement visible à Jabostad (nom suédois de Pietarsaari), une petite ville de 20.000 habitants dotée de quinze églises, où le suédois demeure langue officielle à côté du finnois.

Pêche ou scooter des neiges

Signalons l'hôtel-restaurant Kalles Inn, tenu par Paul et Margareta Morgan, sur l'île de Raippaluoto, reliée au continent par le pont le plus long de Finlande. L'été, Paul organise des randonnées de pêche et, l'hiver, des safaris en scooter des neiges. Une manière de se remettre dans l'ambiance des grandes expéditions polaires que nous remémore le musée arctique, proche de Pietarsaari, qui a conservé les peintures des régions polaires du professeur Vladimir Goichman, ancien chirurgien russe ayant acquis la nationalité finlandaise.

La Royal Geographic Society lui consacra une exposition à Londres en 1996.

Autres articles sur : Voyages

Hong-Kong. Carrefour de l'Orient et l'Occident

Coincée entre des montagnes et la mer de Chine, Hong-Ko...

New York. Croquer dans la grosse pomme

New York, la ville qui ne dort jamais, n'usurpe pas sa...

Costa Rica. Entre Caraïbes et Pacifique

Grand comme la Bretagne et la Normandie réunies, bordé...

Pratique

Contacts

  • Office national de tourisme de Finlande, 32 rue Tronchet, BP 283, 75425 Paris.
  • Ambassade de Finlande, 1, place de Finlande, 75007 Paris,  tél. 01.44.18.19.20
  • Finnair service center : 0.821.025.111
  • Site internet : www.visitfinland.com

Bretagne.com | Le Studio T | eZ publish™