
Au c?ur du massif du Beaufortain, et face au Mont-Blanc, la station des Saisies, perchée à 1.600 mètres, fut le site des Jeux olympiques d'hiver de 1992. Ce jardin d'altitude encore préservé, où agriculture et tourisme sont indissociables, mérite un détour à pied, à cheval, à VTT, ou en voiture, quand la neige a fondu...
Des alpages à la pelouse rase d’un vert intense où pâturent des troupeaux au pelage roux, la musique des clarines, des petits villages recroquevillés autour de leur clocher, de la forêt, une multitude de chalets de bois traditionnels éparpillés, des ribambelles de marmottes qui se prélassent au soleil, le tout avec les neiges éternelles en toile de fond : le massif du Beaufortain, c’est la montagne comme on la rêve lorsque l’on n’y est jamais allé, et comme on la dessine quand on est enfant. « La montagne des hommes », célébrée par l’écrivain alpiniste Roger Frison-Roche, originaire de ce massif, séduit par la qualité de ses paysages, mais aussi parce que ses habitants ont su préserver une certaine authenticité, tout en conciliant les impératifs de l’économie et du tourisme. Les Beaufortains se plaisent à le dire : leur région n’est pas un lieu désertifié, abandonné à l’industrie touristique.
La production laitière et l’élevage procurent aux habitants une part essentielle de leurs revenus. Le lait, produit par ces agriculteurs montagnards, est utilisé à la fabrication du fameux fromage de Beaufort, que l’on surnomme ici, non sans chauvinisme, le prince des gruyères, détenteur du label AOC (appellation d’origine contrôlée) depuis 1968. Exclusivement produit à partir du lait de vaches de race Tarine et Abondance, ce fromage est produit dans un cadre géographique bien délimité dans le respect des principes de la fabrication artisanale. Le beaufort est encore parfois fabriqué en alpage, quand il n’est pas possible de descendre le lait à la coopérative. Le promeneur, au hasard de ses randonnées, peut ainsi découvrir des chalets fruitiers avec des chaudières en cuivre battu, où l’on fait encore le fromage en le chauffant au feu de bois. La meilleure façon de le goûter est de faire étape dans un chalet d’alpage où bon nombre d’agricultrices, qui se sont diversifiées dans l’agri-tourisme, proposent gîte et couvert à la ferme. Comme l’herbe tendre qui donne un savoureux goût de noisette à ce fromage, l’eau est omniprésente dans la région. La station des Saisies est l’une des portes d’entrée des quatre lacs et barrages du Beaufortain, comme le lac de la Girotte (50 millions de mètres cubes d’eau), qui présente la particularité de recevoir les eaux du glacier de Tré-la-Tête dans le massif du Mont-Blanc, ce qui lui donne une couleur verte caractéristique.
Autour des Saisies, on peut, aussi, découvrir une tourbière de 250 hectares très rare en France et unique dans les Alpes. Un sentier botanique y a été aménagé, permettant d’observer une quinzaine de plantes rares. La drosera (carnivore) et les sphaignes, par exemple, y ont élu domicile. Côté faune, on trouve onze espèces de mammifères (chevreuil, sanglier, chamois) et 35 espèces d’oiseaux (tétras-lyres, tarin des Aulnes...). Si les Saisies offrent un large choix de randonnées dans les alpages ou à travers la forêt ainsi que de nombreux itinéraires VTT, les amateurs de grands frissons ne sont pas oubliés. Située au-dessus des lacs de Roselend et de la Gittaz, à une vingtaine de kilomètres de la station savoyarde, la Via Ferrata du Roc du Vent garantit des sensations fortes dans un parcours sécurisé à pratiquer avec un guide et par groupe de quatre maximum. Même si le niveau est accessible à partir de huit ans, le passage d’un pont de singe à soixante mètres de hauteur permet de tester son sang-froid.
Enfin, tout autour de la station, une constellation de villages typiques du Beaufortain (Hauteluce, Villard-sur-Doron, Cohennoz, Crest-Voland, Arêches, Belleville, Beaufort) recèle quelques trésors d’architecture montagnarde et baroque. Hauteluce, village classé pour son architecture et son patrimoine, abrite l’église baroque Saint-Jacques-d’Assyrie, datant de 1558. Sa façade est dotée d’un décor en trompe-l’œil et d’un clocher à bulbe, haut de 55 mètres.
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Petits villages typiques, forêt et neiges éternelles font le charme de cette station des Alpes. (Photos Frédérique Le Gall)
Pratique