Tunisie : Randonée chamelière dans le Sahara

Une randonnée chamelière dans le sud tunisien offre des émotions authentiques, hors du temps. Un dépaysement total, accessible sans entraînement particulier.

Assis auprès de nous, cinq Bédouins interprètent des chants traditionnels. Mohamed, notre guide, s'accompagne au bendir, une sorte de tambour. Les quatre chameliers reprennent en choeur, tapent des mains, se lèvent pour esquisser des pas de danse. Leur joie est communicative. Notre grand feu - seule source de lumière avec le clair de lune - illumine leurs tenues que domine l'indispensable chech. Pièce de tissu de 2,50 m de long sur une vingtaine de cm de large, le chech est la couronne du Saharien. Il protège du chaud comme du froid et masque le visage lorsque se lève un vent de sable.

Le Grand Erg oriental

D'ailleurs, nous, les touristes, l'avons tout de suite adopté. On ne rivalise pas d'élégance avec nos accompagnateurs qui varient les coiffures à l'envi, mais enfin, on se débrouille. Et puis, cela ne fait que trois jours qu'a commencé notre randonnée chamelière dans le sud tunisien. Reprenons : dimanche, l'avion de la Tunisair nous dépose sur l'île de Djerba où Mohamed nous attend. Le « nous » désigne un groupe de treize Bretons partis de Nantes : cinq enfants et ados de 8 à 13 ans, plus huit adultes, de 25 à 50 ans. Première nuit tunisienne dans un hôtel de la zone touristique de Djerba. Une virée en taxi jaune jusqu'à Houmt Souk pour s'exercer au jeu du marchandage et c'est tout. Le but du voyage est ailleurs : marcher une semaine dans le désert. Lundi : des 4x4 nous conduisent à 200 km environ au sud-ouest, à Sabria. Village de nomades semi-sédentarisés, il offre une vue imprenable sur le Grand Erg oriental, océan de sable blanc. Encore 20 km et nous atteignons l'avant-poste de la civilisation où nous passerons la nuit : un campement de tentes aux parois doublées de feuilles de palme.

Délicieux pain de sable

Mardi matin : les chameliers sont arrivés. Belkacem, Mohamed, Salem et Houcine sont les maîtres de dix dromadaires. Lesquels porteront le matériel de notre petite expédition (provisions, tentes, couvertures, matelas, bagages...) et serviront de montures, surtout aux enfants. Charger un dromadaire en équilibrant le poids de part et d'autre de sa bosse (jusqu'à 300 kg au total) est un art. S'il râle pour le principe, l'animal a le fond docile. Cela ne l'empêche pas de conserver une expression altière. La première journée de randonnée chamelière donne le la des suivantes. Après deux heures à serpenter entre les dunes, recouvertes ou non de petits arbustes selon les zones, la première pause est bienvenue, même si marcher dans le sable n'exige pas d'effort démesuré. Il fait environ 25° en ce mois d'avril, à peine plus de 30 lors de la halte méridienne. 13 h : le guide et les chameliers ont choisi cette fois de faire étape dans de petites dunes avec arbustes. Une partie du groupe se met en quête de bois mort, une autre participe au déchargement des dromadaires et à la préparation d'une salade variée. Pendant ce temps, Houcine pétrit la pâte du kessera, ce délicieux pain de sable qu'il cuira à même le sol sous la braise, répétant des gestes transmis depuis des générations.

« Salon-repas »

Déjeuner, lecture ou sieste sous des parasols de fortune, foot des sables pour les plus jeunes, et puis nouveau départ. La beauté du décor, vierge de toute intervention humaine, apaise et fascine. Les chameliers dirigent avec une corde leurs dromadaires à la démarche chaloupée. Belle image hors du temps. Souriants, nos accompagnateurs n'en sont pas moins extrêmement vigilants. Pas question de trop s'éloigner de la caravane. On s'égare vite dans le désert. 19 h : halte du soir. On aura marché une quinzaine de km au total. Ramassage du bois, déchargement des dromadaires, montage des deux grandes tentes (les chameliers préfèrent la belle étoile), préparation du « salon-repas » où les sacs de provisions servent de dossier, cuisson du pain de sable, copieux couscous aux légumes préparé par Mohamed le guide, chants et veillée sous un ciel incroyabblement étoilé... Moment intense. La température est tombée avec la nuit. Elle descendra à une dizaine de degrés. Mercredi : tout le monde se retrouve au p'tit déj' vers 8 heures. Thé, café ou chocolat, comme à l'hôtel. Nos amis bédouins savent recevoir. Et toujours cet extraordinaire pain de sable ! Les journées vont se suivre et se ressembler, avec chacune ses petites particularités : rencontre d'un « poisson de sable », halte à un puits, recherche dans le sol de roses des sables... Les enfants ne s'ennuient pas une seconde. Les adultes non plus, ressourcés de redécouvrir un mode de vie où l'essentiel l'emporte sur l'accessoire.

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Pratique

Repères.

La Tunisie fait partie du Maghreb. Le Sahara, plus vaste désert du monde qui s'étend sur dix pays d'Afrique, occupe environ 40 % de sa superficie.

Y aller.

Nouvelles Frontières propose des randonnées chamelières au départ de Nantes. Tarifs moyens : 670 € (+ taxe d'aéroport) par personne pour 8 jours incluant vol aller-retour, transferts, hôtel, circuit en pension complète. Tél. : 0.825.000.825. Site : www.nouvelles-frontieres.fr Il est aussi possible d'acheter un vol sec et de contacter une agence tunisienne spécialisée. Exemple : Dunes, Esprit du Sud, El Faouar, 4264 Kebili, Tunisie (tél. 00216.75.460.100). C'est avec elle que nous avons voyagé sous la conduite de Mohamed Dhaoui Ben Salem (tél. 00216.98.572.603, e-mail : dhaoui155@voila.fr). Les randonnées peuvent s'échelonner de 2,5 à 14 jours pour des groupes allant de 4 à 16 personnes. Compter 45 € par personne et par jour.

Formalités.

Passeport en cours de validité.

Argent.

Un dinar tunisien vaut environ 0,60 €. Mais dans le désert, on ne dépense rien.

Meilleure période.

Pas de randonnée chamelière en juillet et août : trop chaud. Choisir entre septembre et mai, les mois d'automne étant les plus indiqués.

Santé.

Ni vaccin obligatoire, ni traitement antipaludéen. Crème solaire indispensable. Une randonnée chamelière n'exige pas une condition physique exceptionnelle. La semaine précédente, notre guide accompagnait un groupe de retraités.


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