Algues. Une ressource à gérer précieusement
Le goémon du Trégor-Goëlo est dans le creux de la vague. Une étude démontre, en effet, qu'entre l'Île Grande et Plouézec, la quantité d'algues a diminué de 40 % en 15 ans. La ressource est encore importante, mais il faut la gérer.
L'étude, commandée par le Pays de Trégor-Goëlo, a été menée entre 2005 et 2006 par le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva) de Pleubian. Les scientifiques se sont attachés à « l'évaluation de la ressource en fucales » dans un secteur allant de l'Île Grande à la pointe de Plouézec. Pour estimer le plus précisément la quantité d'algues, ils ont d'abord utilisé des images prises par le satellite Spot. Ils sont également allés prendre des mesures précises sur le terrain.
86.000 tonnes soit 40 % de moins qu'en 1989
Grâce aux images satellites et aux 25.000 points GPS posés, les scientifiques du Ceva ont pu cartographier l'ensemble des zones d'implantation des algues dites fucus et ascophyllum. En comparant ces éléments avec des données plus anciennes, ils ont constaté que la ressource était toujours importante (elle est estimée à 86.000 tonnes). Mais aussi qu'elle avait diminué fortement. Selon l'étude, la quantité d'algues a ainsi régressé de 20 % entre 1998 et 2004. Et de 40 % entre 1989 et 2004.
Ne pas récolter plus de 5.000 t par an
Une baisse importante qui, selon les scientifiques, trouve son explication dans « la perte de compétitivité des espèces d'algues due à la baisse de la qualité de l'eau et au réchauffement climatique ». Pour faire face, l'étude préconise une gestion rigoureuse de la ressource. Selon le Ceva, il serait par exemple nécessaire de découper, en accord avec les huit goémoniers concernés, les six zones principales d'implantation (Bréhat, Île Grande, nord et sud du sillon de Talbert, île d'Er et îlots de Paimpol) en sous-secteurs afin de laisser les algues se régénérer sur quatre ans. Les scientifiques indiquent aussi que, pour une exploitation durable de la ressource, le prélèvement annuel maximal ne doit pas dépasser les 5.000 t. Une préconisation qui est déjà respectée puisque le quota actuel imposé aux goémoniers est de 3.000 t par an.


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