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Braconnage d'ormeaux : La fin des réseaux ?

La contrebande ? « Il y a une dizaine d'années, il arrivait que nous soyons démarchés. Aujourd'hui, avec le bagage imposé depuis le début des années 90 sur chaque ormeau pêché, c'est impossible », assure un professionnel de Rungis. Tellement impossible que la surveillance de cette pêche ne figure « pas parmi les priorités » des Affaires maritimes. Même son de cloche du côté des comités locaux des pêches, pour qui « la création récente d'une réglementation stricte (lire en page 2) a permis d'assainir le milieu ». Les douanes, elles, n'ont « rien à signaler ».

Contrebande : de 15 ? à 25 ?/kg dans la région

Seule la gendarmerie maritime semble encore travailler sur ces dossiers, « mais ils sont de plus en plus rares ». « Il y a plus courant, comme les affaires de contrebande de poissons. Ou plus lucratif, comme le trafic de civelle, notamment dans le Morbihan. », précise, à Brest, le capitaine Vincent Lemaître. Exit la contrebande d'ormeaux ! C'est sans doute vrai pour la contrebande destinée à l'international. En revanche, les marchés locaux, plus modestes, ne manquent pas. Dans le Finistère, nous avons trouvé le kilo d'ormeaux bradé à 15 ?. Dans les Côtes-d'Armor, il ne se négocie pas à moins de 20-25 ?. Au niveau mondial, le marché noir de l'ormeau se porte bien. En 2003, pour la seule Afrique du Sud l'un des principaux pays producteurs, celui-ci était estimé à près de 100 millions de dollars. Suffisamment rentable pour intéresser les narcotrafiquants.

Exportations : troublants chiffres... japonais !

« E Hong-Kong, plaque tournante pour le marché asiatique, transitent trois fois plus d'ormeaux australiens que ce qui est officiellement pêché dans ce pays. En Afrique du Sud, c'est cinq fois plus », relève Sylvain Huchette, patron de la société France Haliotis. Et pour la France ? N'est officiellement pêché que ce que les quotas autorisent, soit près de 55 tonnes par an. Mais impossible de savoir combien partent à l'exportation. « Ce marché est trop petit pour être pris en compte », assurent les ministères de l'Agriculture et de l'Economie. Les exportations d'ormeaux sont noyées dans les statistiques des produits de la pêche. Pourtant, les douanes japonaises, elles, notent scrupuleusement le tonnage importé de France. Très instructif. Ainsi, en 1993, 163 tonnes d'ormeaux estampillés français (ormeaux, farines et boulettes d'ormeaux) sont parvenues au pays du Soleil levant. Pourtant, la France n'aurait exporté, cette année-là, que 93 tonnes dans le monde entier... En 1995, alors que la Bretagne ne peut, en vertu des quotas, pêcher qu'environ 40 tonnes d'ormeaux, ce sont 79 t qui arrivent dans les ports japonais ! Alors que le réseau costarmoricain est tombé (début 1995), les importations japonaises continuent de croître jusqu'à la fin 1996 (86 t), pour s'effondrer ensuite, et finalement atteindre... 1,8 t en 2006.

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En ligne 336 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le dimanche 12 octobre 2008

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish
Photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN