La pêche côtière privée de suivi satellitaire
La commission pêche côtière a débattu, hier matin, à la criée du Guilvinec (29), de sujets essentiels tels que la suppression et le remplacement d'urgence du système de suivi de navigation. Egalement à l'ordre du jour, le travail mené par la « sélectivité langoustine » et les espoirs qu'elle génère.
Mis en place et obligatoire par décision européenne depuis deux années le VMS, abréviation anglaise qui désigne le système de suivi de navigation par satellite, n'équipera plus, à compter du 31 mars, les 82 navires de pêche guilvinistes (155 en Bretagne, 265 sur l'ensemble du littoral français). A l'origine, la mise en faillite du prestataire italien provoquée par le non-paiement, depuis un an, de la société française Eutelsat en charge de commercialiser les appareils. A cela s'ajoute l'incompatibilité des différents systèmes satellitaires.
La direction des pêches doit monter au créneau
Cette société, a rappelé André Le Berre, président du comité régional des pêches, a affiché, en 2006, un chiffre d'affaires de quatre millions d'euros, alors qu'elle était en déficit l'année précédente. Un coup dur pour les pêcheurs déjà informés, depuis octobre dernier, et qui ont décidé, hier, de se fédérer en association nationale. Ils pointent déjà du doigt la direction des pêches « qui doit monter au créneau » pour trouver une solution avant le 31 mars. M. Caze, directeur des pêches, avait, en effet, indiqué le 29 janvier à la direction régionale, à Rennes, l'urgence, pour les unités de pêches concernées, de s'équiper d'un système de suivi satellitaire. Même si, indiquait-il, il est peu probable que des aides financières soient accordées une seconde fois. En alternative, un autre type d'installation de suivi satellitaire coûterait, à chacun, 2.462 €, assortis d'un abonnement de 35 € par mois. L'équipement d'une balise Argos avoisinerait, elle, les 1.500 € et un abonnement de 50 € par mois.
L'envie de passer outre
En attendant, et devant la quasi-impossibilité pour tous de se rééquiper dans un si court délai, de nombreux patrons de pêche sont décidés à passer outre. Ils savent d'expérience qu'il est plus facile de s'expliquer auprès de contrôleurs français, et quasi impossible de dialoguer avec leurs homologues anglais. Il va y avoir un risque réel de pêcher en sud Irlande et dans la mer celtique. « On verra ça à Paris, le 1 e r mars prochain », a conclu Robert Bougéon, le président du comité local des pêches du Guilvinec.
« Plutôt que de tenter de s'imposer par la violence à la dictature des fonctionnaires européens qui finissent, le temps aidant, par avoir raison, nous opposons notre crédibilité, résultat de nos études, et façons de faire », a introduit Thierry Guigue, de l'Association grand littoral atlantique (Aglia) (*) et chargé de mission sélectivité langoustines.
Bruxelles à l'écoute
« Le pire est de ne rien faire et de laisser d'autres décider à notre place », a insisté Thierry Guigue. Le travail mené avec des professionnels a captivé, le 31 janvier dernier, les membres de la Commission européenne, à Bruxelles. Il y était question, en même temps que la préservation de la ressource, de rapporter les différents essais effectués dans le Golfe de Gascogne, notamment en mailles carrées, grille flexible et maillage de culs de chalut, pour ramener des langoustines de taille supérieure à 9 cm. Il en a été de même pour le merlu qui ne doit pas être inférieur à 27 cm avec, en perspective, l'obtention d'une écolabellisation du chalut au niveau européen.
L'espoir après l'effort
Le séminaire annoncé à Lorient, mercredi prochain, proposera un plan de gestion à court et long termes, avec des professionnels soucieux de préserver la ressource. Dans le Golfe de Gascogne, par exemple, a observé Thierry Guigue, « une cinquantaine d'équipages ont pris leur destin en main en respectant l'objectif demandé. Il est question, à présent, plutôt que de pêcher vite, de pêcher mieux. Le temps est venu de renverser la tendance qui fera qu'à terme, les quotas seront plus stables », a-t-il ajouté. Des perspectives positives pour le renouvellement progressif de la flotte seront abordées, lors du séminaire. Pour garantir « une pêche tranquille » et recevoir le juste prix de l'effort consenti. Une récompense de nature surtout, à mobiliser la jeunesse.
.* L'Aglia regroupe les conseils généraux de l'Aquitaine, Charente et Poitou, Pays-de-La-Loire et Bretagne.


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