Oiseaux du large et du rivage
La Bretagne, par sa situation géographique et la pluralité des milieux de son littoral, est la région française où les oiseaux marins sont les plus diversifiés et les plus présents.
La Bretagne, terre d'asile des oiseaux marins ? Elle accueille, en effet, la totalité des effectifs de puffins des Anglais, de fous de Bassan, de sternes de Dougall, de guillemots de Troïl, de pingouins torda et de macareux moines.
D'autres espèces sont aussi fortement présentes, comme l'océanite tempête, le cormoran huppé, le goéland brun et marin. Les réserves et sites protégés ne sont sans doute pas étrangers à cette forte implantation. Au total, pas moins de 17 espèces se reproduisent dans la région.
En France, tous les oiseaux marins sont protégés, plusieurs espèces le sont également par des textes internationaux (directive Oiseaux, conventions de Berne et de Bonn).
Pas tous des oiseaux marins
Les oiseaux qui fréquentent nos bords de mer ne sont pas tous des oiseaux marins. En effet, on peut y observer des petits limicoles comme les tournepierres, le grand gravelot, le bécasseau variable et le pluvier. Des grands limicoles comme le chevalier gambette, la barge rousse, les courlis et l'avocette. Des grands échassiers tels que la spatule blanche, le héron cendré et l'aigrette blanche. Des canards marins, des grèbes et des plongeons.
Cette distinction entre oiseaux marins et du bord de mer est liée au mode de vie des espèces concernées. En effet, l'appellation oiseaux marins ne s'applique qu'aux oiseaux qui s'alimentent en mer où ils passent une grande partie de leur existence. Les lieux de nidification utilisés sont des sites marins côtiers (îles, îlots, falaises, dunes…) où les oiseaux forment des colonies parfois très denses. De plus, ils possèdent un certain nombre de caractéristiques qui sont, par exemple, le fait d'avoir les pattes palmées et nettement implantées sur l'arrière du corps. Ils sont dotés de glandes à sel, au niveau de la tête, près du bec supérieur, qui fonctionnent comme des reins pour évacuer l'excédent de sel qu'ils ingèrent avec leurs proies et l'eau de mer qu'ils consomment. Leur plumage est très serré, isolant et permet une bonne flottabilité.
Pour les autres espèces, si elles fréquentent le littoral, elles ne s'y reproduisent pas, ou elles ne s'alimentent pas en mer, mais sur l'estran, à marée basse.
Vous avez dit mouette !
Il arrive fréquemment que les goélands soient confondus avec les mouettes. Certes, ces oiseaux appartiennent à la famille des laridés, mais il s'agit d'espèces différentes et puis une mouette, c'est plus petit qu'un goéland ! Attention, un goéland ou une mouette peuvent en cacher d'autres. En effet, trois espèces de goéland et trois de mouette fréquentent notre littoral. La confusion est sans doute liée à la mouette tridactyle qui ressemble à un petit goéland et niche sur les falaises. Alors que mouette rieuse et mélanocéphale ont, aux beaux jours, un capuchon noir caractéristique sur la tête. Ces deux dernières espèces nichent, souvent, autour des étangs et des eaux intérieures. Des trois espèces de goéland, le marin est le plus grand, il est reconnaissable à son manteau noir et ses pattes roses. Le brun et l'argenté ont la même corpulence, mais le premier possède un manteau sombre et des pattes jaunes alors que le second a un manteau gris et des pattes roses.
Beaucoup plus rares, le goéland leucophée, plutôt méditerranéen, ressemblant au goéland argenté ainsi que le goéland cendré, qui ressemble à une mouette tridactyle, peuvent parfois venir jouer les troubles-fêtes. Bref, pas toujours facile de s'y retrouver…
Voir des oiseaux, oui, mais attention !
L'observation des oiseaux est une activité qui se développe et qui montre l'intérêt grandissant du public pour la richesse de ce patrimoine et sa conservation. Il existe des sorties programmées par des associations comme la LPO et la SEPNB - Bretagne Vivante qui proposent des visites avec des guides naturalistes qui vous feront découvrir les mœurs des oiseaux marins et du bord de mer, tout en respectant la tranquillité des espèces. Par ailleurs, tout comme l'ONC Faune Sauvage, ces associations gèrent des réserves. Avant d'envisager d'approcher ces sites, contactez-les car il y a des règles à suivre et des zones de protection totale. Seul l'estran (zone de balancement des marées) est accessible.
Si vous débarquez, ne faites pas de bruit, et regardez où vous mettez les pieds, car certains oiseaux nichent sur le haut de l'estran, œufs et nids ne sont pas toujours visibles !
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Pratique
Le grand cormoran
Ses plumes non lubrifiées doivent être séchées entre deux plongées.
Le Guillemot de Troïl
A ne pas confondre avec les manchots de l'hémisphère sud.
Le Goéland marin
Le plus grand de nos goélands.
Le Fulmar boréal
Ses narines développées détectent ses proies.
L'Huîtrier pie
Contrairement à son nom, il ne mange pas d'huîtres.
Le Macareux moine
Emblématique de la Bretagne, ses effectifs ont chuté.







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