Le phare de Saint-Mathieu
Le phare de la pointe Saint-Mathieu a ouvert bien d’autres voies que le simple accès au goulet de Brest. Des voies technologiques entre autres.
Sous l'Empire romain, certains supposent qu'à cet emplacement aurait été installé l'un des premiers phares de l'histoire de la marine marchande. Mais ce n'est qu'une hypothèse. Plus sûrement, quelques siècles plus tard, les bénédictins de l'abbaye Saint-Mathieu allument chaque nuit sur l'une des tours un feu salvateur pour les marins.
- Louis XIV met un terme à cette pratique empirique en confiant l'illumination des côtes à son administration.
A partir de cette date, le site est régulièrement équipé des dernières nouveautés techniques.
En 1689, le phare reçoit une lanterne vitrée et close. Il inaugure ainsi un système d'éclairage plus fiable que le feu de bois à ciel ouvert utilisé jusqu'ici. L'espace clos permet aussi une économie d'énergie non négligeable.
Soixante réverbères...
Ce souci financier pousse les ingénieurs à trouver des combustibles moins coûteux que le charbon et le bois. En 1771, le foyer situé sur l'ancien clocher de l'abbaye est le second de France à être équipé du procédé d'éclairage à huile de Tourville-Sangrain.
- Ce système fait merveille dans les rues de Paris. L'idée est donc venue aux ingénieurs d'associer plusieurs réverbères et d'en équiper les phares. La Compagnie Tourville-Sangrain va ainsi installer ses équipements sur plusieurs phares de France et en assumer la maintenance. L'entretien est lourd, les soixante réverbères de la pointe Saint-Mathieu sont remplacés par un feu tournant à éclipse composé de huit réflecteurs avec lampe Argand dès 1821.
- Aujourd'hui, l'abbaye Saint-Mathieu n'est malheureusement plus en état de soutenir une lanterne. Le phare actuel sur tour cylindrique, mis en service en 1835, offre par temps clair une splendide vue allant de la Pointe-du-Raz à Ouessant.







Commentaires pour Saint-Mathieu