Kerhuon : "Mari-Lizig", le bateau kerhorre
Les Kerhorres ont laissé quelques mauvais souvenirs chez les agriculteurs des bords de la rade de Brest : ces nomades nautiques, pas mauvais bougres mais chapardeurs en diable, ne rechignaient pas à se servir dans les champs ou les poulaillers. Aussi les escales de leurs bateaux, caractéristiques au mouillage avec leur toile de tente tendue ("koubahnée" en kerhorre) sur le grand aviron couché en long, éveillaient-elles la méfiance des riverains au début du siècle.
Il en est resté quelques traces dans l'imagerie populaire. Ainsi cette illustration conservée par Jean Kernéis, où l'on voit des marins kerhorres déterrant des pommes de terre avec l'ancre de leur chaloupe mouillée en bord de grève tandis qu'accourent pour les chasser des paysans furieux.
Mais les Kerhorres n'étaient pas renommés uniquement pour leurs menus larcins. Ils étaient aussi de sacrés marins qui allaient pêcher dans les eaux difficiles du Conquet, jusqu'à Molène et même Ouessant, à bord de leurs petits bateaux creux. Des canots durs à mener : leur faible tirant d'eau n'en faisait pas les meilleurs voiliers et leurs grands avirons étaient épuisants à manier; aussi les pêcheurs de Kerhuon devaient-ils naviguer finement en exploitant au mieux les courants et les vents.
Dès le XVIIIe siècle
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D’où viennent les bateaux kerhorres ? Quelle est leur histoire ? Depuis combien de temps existent-ils ? Autant de questions auxquelles Jean Kernéis, ingénieur de la Marine en retraite, a tenté -sans grand succès, il l'avoue- de trouver des réponses. "Ce dont on est sûr, c'est que les kerhorres, tels qu'on les construisait au début du siècle, sont issus d'un type de bateau très ancien, remontant sans doute au début du XVllle siècle ", affirme-t-il.
Quoiqu'il en soit, sa passion maritime -qu'une pleine carrière dans la Royale n'a pas suffi à épuiser- a trouvé à s'exprimer à travers ces recherches et s'est concrétisée par la réalisation de magnifiques maquettes : avec son kerhorre, Jean Kernéis a remporté le Premier Prix d'authenticité et d'exécution du concours de maquettes de Douarnenez 1986.
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Un encouragement à aller au-delà : l'ingénieur a su partager son enthousiasme et une association est née : elle devait construire la "Mari-Lizig", un bateau kerhorre tout aussi authentique que la maquette primée. C'est la réplique de la dernière chaloupe, dont l'épave a été détruite en 1955 sans que quiconque ait pensé à en relever les formes.
Sans doute avait-elle été construite au début des années 1930 au Pouldu.
Caractéristiques du "Mari Lizig"
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Bateau kerhorre, construit par Jo Canton, de L’Aber-Wrac'h, sur des plans établis par Jean Kernéis.
Longueur : 6,20 mètres; largeur : 2,20 mètres; tirant d’eau : 0,60 mètre; surface de voilure : 20 m2; budget : 170.000 F.


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