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L'étendard de chaque paroisse...

La bannière est une sorte d'étendard chrétien qu'arbore chaque communauté paroissiale à l'occasion des processions. Elle représente sur une face le saint de la paroisse.

L'orgueil paroissial étant vif en Bretagne, les communautés rivalisent entre elles pour que leurs bannières soient les plus grandes et riches avec une surenchère dans le luxe des broderies de soie, d'or et d'argent. Autrefois rangées dans des armoires à bannières, certaines sont exposées, aujourd'hui, dans les églises et chapelles.

Un patrimoine à entretenir

A Mahalon, Patricia Hood et son mari ont installé leur atelier de restauration de bannières au presbytère. C'est là qu'ils viennent de restaurer la bannière de la Vierge de Lampaul-Guimiliau (29). Une véritable œuvre d’art comme seule la région des enclos paroissiaux pouvait s’en offrir.

  • Il s’agit d’une bannière du XVIIe siècle représentant le couronnement de la Vierge. Elle est vraisemblablement inspirée d’un carton italien du peintre Raphaël (1483-1520). A cette époque, les cartons des grands artistes circulaient à travers toute l’Europe pour être utilisés par les ateliers de broderie. On ne sait cependant pas où elle a été réalisée.

Des raccommodages maladroits

« Tout est en velours de soie, fils de soie et fils d’or et d’argent, employés très harmonieusement », souligne Patricia Hood.
Les motifs de broderie qui entourent le tableau (car il s’agit bien d’un tableau en textile) sont particulièrement remarquables.

Cette bannière-là a toujours été protégée, signe de son importance, c’est ce qui lui a permis d’arriver jusqu’à nous.

Mais elle a déjà été restaurée et quelquefois de façon inadéquate ou gauche : le ciel, par exemple, avait été recouvert de laine bleue, dissimulant le jaune d’or originel, couleur divine. Quant aux nuages, ils étaient noircis d’une grosse laine brune.

Revenir à l'origine

  • Le premier travail de Patricia Hood a été d’enlever tout ce qui n’était pas d’origine et défigurait le motif. Tous les fils défaits ont été fixés. Les soies d’origine sont apparues sous les raccommodages maladroits. Des nettoyages ont été nécessaires avant la remise en place des lamés or et argent, des galons...

A présent, la bannière est de nouveau lisible, marquée par le temps certes, mais elle a retrouvé l’âme de l’œuvre d’art.

 « Le XVIIe breton est flamboyant, chantant et contraste avec le granit. Le mobilier est très riche, très varié, très polychrome. Ce sont des œuvres d’art qu’il faut protéger absolument car la broderie bretonne était une tradition et un art à part entière ».

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