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Une côte minée d'épaves

Des épaves comme s'il en pleuvait ! Le service hydrographique de la Marine (Shom) recense à ce jour pas moins de 4.125 épaves (bateaux, avions...) et 1.312 obstructions (amas de chaînes, blocs de béton...) le long des côtes françaises. Une fois de plus, la Bretagne est aux avant-postes. Cargos, chalutiers, navires des deux dernières guerres... Certains d'entre eux, dans un incroyable état de conservation (renfermant parfois des équipages entiers), font partie d'un saisissant patrimoine des moins accessibles. Ce n'est pas sans poser des difficultés à la Marine nationale qui, sous l'autorité du préfet maritime, doit traiter les fuites d'hydrocarbures de ces épaves qui finissent par céder, un jour ou l'autre.

On pourrait penser que la tâche des hydrographes est terminée depuis belle lurette, alors qu'ils enregistrent, chaque année, entre 500 et 1.000 nouveaux obstacles. Aux toutes nouvelles épaves, viennent s'ajouter celles qui se déplacent au gré des courants et qu'il faut repositionner le plus précisément du monde.

Poignants sanctuaires

La sécurité maritime n'est pas la seule motivation du service hydrographique de la Marine (Shom). Il en va aussi de la mémoire historique de nombreux et dramatiques événements de mer. Navires de commerce, bateaux de guerre, sous-marins quasiment intacts posés sur le fond... Beaucoup de ces épaves des deux guerres mondiales sont de poignants sanctuaires sous-marins. Certaines, celles qui reposent par faible profondeur, représentent un véritable danger pour la navigation ou pour les marins pêcheurs qui risquent de crocher leur engin de pêche, de le perdre ou pire, de partir au fond avec. « Nous invitons vivement les pêcheurs et les plongeurs à nous communiquer les coordonnées de ces épaves », rappelle Nicolas Weber, du Shom. « C'est une question évidente de sécurité. Certains rechignent toujours à le faire et préfèrent garder pour eux ces bons endroits de pêche ou d'exploration sous-marine ».

Les plus exceptionnelles

Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, le Shom ne reporte pas toutes les épaves connues sur ses cartes. Les épaves historiques bénéficient d'une certaine discrétion (surtout les très rares et anciennes coques en bois), idem pour celles qui renferment un nombre important de marins. Leur localisation est reportée dans la base de données mais fait l'objet d'une diffusion restreinte. De nombreux bateaux de commerce et de transport comme le Lancastria, un paquebot anglais de la Cunard, coulé en juin 1940 devant Saint-Nazaire (autour de 4.000 victimes) ou le Leopoldville (800 morts sur les 2.200 soldats transportés), l'équivalent belge du France, devant Cherbourg, sont parmi les épaves les plus célèbres des côtes françaises. Près de Molène, le Drummond Castle, disparu en 1896 en ne laissant que trois survivants sur ses 251 marins et passagers, reçoit régulièrement la visite des plongeurs. Y a-t-il des trésors enfouis à l'intérieur de ces centaines de navires qui restent à découvrir ? Sans doute. Leur plus grande richesse étant leur histoire et leur destin tragique abandonné à l'océan.

Délicates interventions sous-marines

Deux épaves préoccupent particulièrement les autorités maritimes françaises. Extrêmement délicates à traiter, pour deux raisons complètement différentes, elles libèrent régulièrement leurs hydrocarbures. Depuis 1979, le Peter-Sif repose à une centaine de mètres de la pointe sud-ouest d'Ouessant. Couchée sur le flanc, à l'entrée de la baie de Lampaul, cette coque de 92 m de longueur, à 45 m de profondeur, donne du fil à retordre aux autorités, obligées d'imaginer de nouvelles techniques d'extraction de son fioul de propulsion. Régulièrement, du produit s'échappe des poches qui se sont formées et finit sa course au fond de la baie. L'odeur est bien connue des Ouessantins.

Obligé de tout vider

Quelque temps après le naufrage, les autorités avaient vidé une bonne partie des réservoirs, sans réussir à atteindre les poches formées dans différents compartiments. Plusieurs opérations de colmatage ont suivi mais à cause de la corrosion et du travail de la mer, il a fallu se décider à la vider entièrement, un procédé de récupération du produit à l'aide de bâches en plastique étant actuellement à l'oeuvre. Les moyens déployés sont considérables, à l'image du coût de traitement sur la durée. Les navires de la Seconde Guerre mondiale dont les réservoirs finissent par céder, parfois 50 ou 70 ans après, déclenchent aussi de nouvelles micropollutions. Les arrivées de galettes ne provenant manifestement pas de dégazages récents sont nombreuses sur nos côtes. Sans que l'on réussisse toujours à identifier l'épave concernée.

Tombeau inviolable

Les « larmes » d'hydrocarbures (selon l'expression consacrée) qui remontent à la verticale de la frégate militaire Laplace, coulée par une mine, en septembre 1950 devant Fort Lalatte, posent des soucis similaires, avec un paramètre supplémentaire. 51 marins sur 92 y ont péri, des corps étant toujours à l'intérieur. Aux difficultés techniques d'intervention s'ajoutent les réticences des familles, très attachées à ce tombeau sous-marin.

Aperçu du patrimoine maritime breton

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Les pêcheurs en première ligne

Il ne se passe pas une semaine sans qu'un chalutier breton ne soit victime d'une croche dangereuse dans un secteur où aucun obstacle n'était jusqu'alors signalé. De fait, les patrons pêcheurs sont les plus grands « inventeurs » d'épaves. Traînant leur chalut dans tous les sens, le long du littoral, au-dessous des axes très fréquentés de la Manche, ils connaissent parfaitement la position des épaves dans leur zone habituelle de travail mais tombent parfois sur de nouvelles avec les risques qu'on imagine. Ils peuvent crocher un obstacle de taille ou se heurter à des restes plus digestes mais aussi dangereux s'ils sont partiellement enfouis dans les sédiments. Les conteneurs constituent également une menace qui grossit à mesure qu'explose le trafic maritime international. La base de données du Shom n'en recense qu'une quinzaine, alors que des milliers reposent aujourd'hui à la verticale des voies commerciales les plus fréquentées.

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En ligne 166 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le vendredi 15 décembre 2017

Crédits : Réalisation Le Studio T sous eZ publish

Photo (panoramique fond de page) : Photographe Christophe ALLAIN