Tourisme. Pas d'avenir sans écologie
Avec 842 millions de visiteurs en 2006, le tourisme mondial a battu un nouveau record. Un phénomène qui s'accompagne de dégradations de l'environnement et des sites culturels. Et est inéluctablement voué à l'impasse, avertissent des experts.
Littoraux et montagnes bétonnés, réchauffement climatique accéléré par le transport aérien de masse, sites culturels dégradés par une fréquentation croissante... Tel est le sombre revers du tourisme de masse à l'échelle mondiale. Même les derniers espaces de nature encore vierge sont menacés : le sort de l'Antarctique, qui accueille 100.000 visiteurs par an, inquiète l' organisation non gouvernementale , Antartic and Southern Ocean Coalition.
L'exception des Seychelles
Les exemples de politiques touristiques tenant compte de l'environnement sont encore très rares. Jean-Pierre Lozato-Giotart, directeur du pôle d 'ingénierie touristique de l'université Paris 3, cite les Seychelles comme une exception : peu ou pas de ports de plaisance, donc pas de gros navires, aucune construction lourde à moins de 150 mètres du rivage, jamais plus de 30 % d'occupation du sol par l'ensemble des infrastructures, utilisation de l'énergie solaire. Mais ceci suppose de limiter les constructions et le nombre de touristes et de privilégier le haut de gamme, un tourisme de luxe réservé à une minorité. Et encore, même cette forme de développement touristique n'est pas vertueuse, observe Jean-Maroc Jancovici, expert indépendant des questions climat/énergie, car « il faut commencer par émettre quelques tonnes de CO2 » en prenant l'avion pour rejoindre ces îles du bout du monde.
Les vertus du « camping en bord de mer »
En fin de compte, « le tourisme le plus écolo, du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, consiste surtout à aller s'entasser dans un camping en bord de mer », défend l'expert . Mais là encore, les touristes polluent, en laissant des déchets non biodégradables sur les plages, tels les canettes ou les sacs en plastique ... Finalement, d'un point de vue économique, le tourisme tel qu'il se pratique aujourd'hui, est voué à l'impasse : « Si on détruit l'environnement, on détruit le tourisme », commente Jean-Pierre Lozato-Giotart. Le tourisme doit donc s'investir dans la protection de la nature, estime-t-il.


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