Boston. C'est ici que tout a commencé
San Francisco et les parcs du Grand ouest, New York, la Floride sont les trois « portes » classiques pour aborder la première fois les États-Unis. Boston et sa proche région de Cape Cod sont aussi une excellente introduction. Car c'est ici que tout a commencé (*).
Les pèlerins du célèbre bateau « Mayflower », considérés comme les premiers colons fondateurs de l'Amérique dite moderne, abordent à l'extrémité de Cape Cod, le 26 novembre 1620. L'eau douce se faisant rare, ils quittent les lieux au bout de dix jours et jettent l'ancre à quelques milles. Ils baptisent l'endroit Plymouth, comme la ville anglaise, la dernière vision de l'ancien monde, qu'ils ont quitté il y a plusieurs semaines. Une réplique de leur embarcation est amarrée aujourd'hui le long d'un quai de Plymouth.
Une maison-relique
Bien des années plus tard, c'est le site de l'actuel Boston, au bord de la mer et à l'embouchure de la Charles River, dans ce qui constitue actuellement le quartier de North End, qui va prendre de l'expansion. Et c'est là encore qu'un des mythes des États-Unis va naître. Nous sommes le 18 avril 1775. Boston est une bourgade entourée de marais et d'îlots. Il souffle un vent d'indépendance. Des troupes anglaises, stationnées plus loin, doivent passer par Boston et, par la même occasion y remettre un peu d'ordre. Paul Revere, dont la maison conservée telle une relique est visitée aujourd'hui par des écoliers des quatre coins du pays, veut faire face. Il doit pour cela prévenir dans l'arrière-pays des paysans acquis à sa cause. Pour savoir si les Anglais arrivent par la mer ou par les terres et ainsi adapter la stratégie de combat, il est convenu que le responsable de l'église située sur les hauteurs place de façon bien visible une lanterne ou deux lanternes selon l'une ou l'autre situation. Ce sera deux lanternes. Paul Revere et ses partisans subissent une sévère défaite mais entrent dans l'histoire en signant là l'acte de naissance d'une certaine Amérique. En guise de symbole, deux lanternes brillent jour et nuit dans le bureau ovale, à la Maison Blanche. Un point sur lequel les Américains n'insistent pas vraiment : Revere est d'origine normande, donc française.
Le jardin des Kennedy
À deux pas de cette maison se trouve, comme un signe du destin, une autre adresse célèbre : Kennedy. Ici a vu le jour la mère de JFK. Boston est le fief de cette famille emblématique des États-Unis et Cape Cod son jardin. Le clan Kennedy a élu domicile à Hyannis Port, à l'entrée de la presqu'île, dans de somptueuses maisons blanches en bois, typiques de la région. Le quartier, qui appartient aux descendants, est toujours protégé. Un petit musée, au centre-ville, permet de se remémorer des images imprimées dans toutes les mémoires. Et pour cause. L'ère Kennedy inaugurait celle de la communication. Cape Cod, où aimait se ressourcer l'éphémère président, est composé de cordons dunaires, de marécages et de longues plages vierges. « Je suis toujours venu à Cape Cod pour marcher sur la plage quand j'avais une décision importante à prendre », aimait à dire JFK qui, sitôt élu, classa ce lieu de villégiature en parc national. Ceux qui s'intéressent à cette période ne manqueront pas l'exceptionnel Library and museum John F. Kennedy, à Boston. Le bâtiment, aux lignes futuristes, abrite d'une part les archives de la très courte mandature Kennedy-Johnson (1960-63) et un musée retraçant l'accession au pouvoir suprême de JFK. Films, documents, objets... Rien ne manque pour faire perdurer le culte. L'intérieur de la Maison Blanche avec toutes ses pièces et couloirs a même été reconstitué ! Le lieu mérite quelques heures de visite. Il faut du temps pour profiter des atouts de la ville la plus peuplée de Nouvelle-Angleterre.
* Pour l'Amérique de l'immigration s'entend.
Pratique
Décalage horaire. Il faut retirer six heures. Lorsqu’il est midi à Paris, il est six heures du matin à Boston.
Formalités d’entrée. Passeport individuel à lecteur optique en cours de validité. Les enfants de tous âges doivent désormais posséder leur propre
passeport.
Argent. L’euro est plus fort que le dollar actuellement. Cela profite aux Européens qui veulent voyager à moindre frais au pays de l’oncle Sam.
L’essence n’est pas chère, la nourriture standard non plus. L’hébergement est plus coûteux.
Climat. Été chaud, hiver glacial.
Comment s’y rendre. La compagnie aérienne Ibéria vient d’inaugurer au printemps une ligne Paris-Boston, via Madrid, à un tarif plancher allerretour de 239 ¤ (HT, « à partir de »). Il est prévu cinq rotations par semaine, puis sept, tout au long de l’année. Renseignements sur www.iberia.com.
Il peut être utile de contacter Compagnie des États-Unis, une enseigne du groupe Compagnies du monde, pour préparer l’intégralité du voyage. Cette agence spécialisée répond à toutes les attentes, faisant notamment du sur-mesure sans vraiment élever la note. Un exemple de circuit : Boston et Cape Cod, 10 jours/8 nuits, en hôtels 4 *et auberges de charme, voiture de location et vol compris, à 1.249 ¤/personne (prix haute saison). Renseignements sur www.compagniesdumonde.com
Suivez la ligne. Très pratique, l’essentiel de Boston se découvre à pied en suivant une ligne rouge sur le sol. Pour 39,50 dollars, un « city pass »
vous donne accès à six lieux incontournables : l’aquarium, le musée d’histoire naturelle d’Harward, le musée Kennedy, le musée des arts, le musée des sciences, le dernier étage de la tour Prudential.
Les baleines. La large baie de Cape Cod est l’un des rares endroits au monde où les baleines viennent se gaver, se refaire une santé en compagnie de leur « petiot » né sous d’autres latitudes. Il est possible de leur rendre une petite visite en embarquant au port de Boston ou à celui de Provincetown. Observation des baleines quasiment garantie. Lors de la semaine du 14 mai, elles étaient une quinzaine à batifoler dans l’anse. C’est depuis ce secteur (à Nantucket) que débute l’aventure de Moby Dick.


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