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Patagonie - terre de feu et de glace

A cheval sur le Chili et l'Argentine, la lointaine Patagonie des gauchos accueille de plus en plus de touristes. Immense, rude, belle et envoûtante, elle reste néanmoins préservée.

Il est midi. Le soleil brille. Le panorama vous coupe le souffle autant que les quatre éprouvantes heures de marche pour monter jusque-là. Les tours du Paine, majestueuses, dominent un lac où la glace d'octobre laisse entrevoir une eau émeraude. On nous l'avait déjà dit, à l'issue des 13 heures de bus pour rallier Punta Arenas à Ushuaia : la Patagonie, ça se mérite !

Le règne de la nature

Pas un village avant des lieues. C'est le règne de la nature. Les guanacos, ces cousins du lama, nourriture favorite des pumas, côtoient renards argentés et autres condors. Quelques gauchos élèvent des chevaux dans cette région paisible de lacs et de pics qui sont autant de défis aux andinistes.
Le circuit en W, très prisé des randonneurs du monde entier, mène au glacier Grey, à une solide journée de marche. Un des petits frères chiliens de l'imposant Perito Moreno, de l'autre côté de la frontière. Bleu, blanc, scintillant sous le soleil, c'est à croire que ce dernier a donné ses couleurs au drapeau argentin.
Du bateau, au premier abord, on ne se rend pas bien compte que ce monstre de glace culmine à 60 m (comme le premier étage de la tour Eiffel) au-dessus du lac. Par instants, il grince : ça bouge là-dedans. Quelques secondes plus tard, un bloc se détache, tombe dans le lac avec fracas, crée une vague : voilà pourquoi la vedette, ce matin, préférait rester à distance respectable, n'osant défier cette face nord dentelée. Ce n'est qu'une seconde plus tard que le bruit nous parvient : on est plus loin qu'on le croyait. On prend alors toute la mesure du glacier. Il est immense !

Au pays de la viande et du football

A 70 km de là, à partir de la petite ville d'El Calafate, on peut rayonner vers El Chalten au nord, petit village désertique que la proximité du Fitz Roy et du Cerro Torre fait croître artificiellement. C'est qu'elles sont belles, ces montagnes, quand elles daignent se dévoiler sous vos yeux. On est encore dans le parc national des glaciers. Il peut faire frisquet. Autant dire que le soir, à l'occasion, déguster au coin du feu un asado (le barbecue argentin, avec sa si savoureuse viande de boeuf) vous comble d'aise. Parfois, une guitare sort d'on ne sait où. Certaines chicas (les jeunes filles) entonnent même des refrains à la gloire toujours vivace du Dieu Maradona. Le paradis, on vous dit... Les auberges de jeunesse regorgent d'étrangers, notamment des Français, touristes ou « tour-du-mondistes ». Ceux-là, généralement, ne manquent pas de descendre jusqu'à Ushuaia. Allez savoir pourquoi...

Une journée de pampa avant Ushuaia

Ushuaia. C'est le bout du bout. Sur une carte, cela paraît près de Punta Arenas, notamment, sa grande soeur chilienne. Mais on ne traverse pas le détroit de Magellan, si ce n'est en bac, après un long détour, là où il se rétrécit. Compter la journée. Plus de 600 km et un paysage, la pampa, la plaine, encore la plaine, toujours la plaine. Verte, humide, une piste droite mais bosselée. Ici, ce ne sont pas les pâturages qui sont clos. On dirait que c'est la piste, l'espace réservé aux hommes, qui est bordée par ces millions de pieux.
Ushuaia, enfin. La ville et son port, en eux-mêmes, sont très quelconques. En revanche, si le temps est de la partie, la croisière sur le canal de Beagle vaut bien le déplacement, au coeur d'un amphithéâtre de montagnes déjà abruptes, coiffées de neiges éternelles. Près du phare du bout du monde (il en existe toutefois un au cap Horn, à 145 km au sud), un rocher sert de pied-à-terre à une colonie d'imposants, flasques et malodorants éléphants de mer. Ils y côtoient des cormorans aux yeux bleus. Les pingouins, eux, nichent et se dandinent un peu plus à l'ouest. Retour en ville. Un avion décolle. Des scientifiques descendent encore d'un millier de kilomètres au moins. Pour l'Antarctique. Mais là, c'est une autre histoire...

David Cormier et Gwendal Hameury

légende Photo :
Le glacier Perito Moreno serpente entre les montagnes sur 15 km de long, sur une superficie de 195 km². Des blocs s'en détachent régulièrement dans un vacarme impressionnant. (Photos David Cormier et Gwendal Hameury) . Les trois tours du Paine, dont la plus haute n'atteint pas 3.000 m (c'est la queue des Andes), ont donné leur nom au parc national Torres del Paine.

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Pratique

Présentation.
La Patagonie s'étale sur le Chili et l'Argentine. Côté argentin, elle est plus grande que la France et va presque jusqu'à Buenos Aires. Côté chilien, elle commence au sud de Puerto Montt, 1.000 km au sud de Santiago, jusqu'à la Terre de feu.
Principales villes. Chili : Punta Arenas, 100.000 habitants, face au détroit de Magellan. Argentine : Ushuaia, 45.000 habitants, en Terre de feu. La densité de population est très faible : 1 habitant/km²
Saisons. Elles sont inversées par rapport à l'hémisphère nord.
Climat. L'hiver est plutôt froid (4 °C le jour en moyenne en Terre de feu) et très humide. L'été est doux (11 °C). Le vent est bien présent presque toute l'année. La meilleure période pour s'y rendre : de mi-novembre à fin février.
Décalages horaires. Durant l'été austral, avec l'Argentine, moins 4 h par rapport à Paris; avec le Chili, moins 5 h.
Langue. Espagnol dans les deux pays.
Monnaies. 1 euro vaut 683 pesos chiliens et 3,90 pesos argentins.
Spécialités. Chili : le pisco (apéritif corsé) et les fruits de mer. Argentine : la viande de boeuf (peut-être la meilleure au monde). Les deux pays produisent de très bons vins.
Y aller. La compagnie brésilienne Tam est généralement la moins chère. De plus, elle fait régulièrement des promotions sur les vols Paris-Santiago (Chili) et Paris-Buenos Aires (Argentine), via Sao Paulo (Brésil). www.tam.com.br
A visiter absolument. Le parc national Torres del Paine, déclaré parc national en 1959 et classé réserve de la biosphère par l'Unesco en 1978, est peut-être le plus beau du Chili. Certains sommets portent les noms des célèbres aéropostiers français. D'une superficie de 242.000 ha, le parc présente une végétation variée selon l'altitude (200 espèces d'arbres et de plantes recensées).
Se renseigner. Office de tourisme, au consulat du Chili : 64, boulevard de la Tour Maubourg, 75007 Paris. Tél. 01.47.05.46.61. Fax : 01.45.51.16.27. Office de tourisme argentin : 6, rue Cimorosa, 75116 Paris. Tél. 01.47.27.15.11. Fax : 01.47.04.61.51.
Site internet : www.sectur.gov.ar/homepage.htm

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En ligne 426 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le dimanche 20 juillet 2008

Crédit photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN