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Jordanie : Le Wadi Rum le désert des Bédouins

Peuplé depuis des millénaires, le Wadi Rum ne se limite pas à sa beauté géologique. Ce désert montagneux cache en son sein les traces des civilisations passées ajoutant une touche mystique au lieu. Aujourd'hui, les Bédouins entretiennent et préservent cette zone protégée du sud de la Jordanie.

14 h 30. Keffieh et djellaba d'un blanc immaculé, barbe noire, le chauffeur invite à monter dans son 4x4 Toyota grinçant. « Yallah ! Yallah ! » (Aller ! Aller !). Droit devant, le désert du Wadi Rum, vaste vallée - wadi en arabe - sèche ponctuée de montagnes de grès rouge et jaune située à 300 km au sud d'Amman, la capitale jordanienne. En posant la main sur le véhicule, la brûlure du métal rappelle que la température atteint déjà les 36,8 °C. Un vent chaud assèche rapidement la peau et lève des volutes de sable rouge fouettant les visages. On comprend aisément pourquoi les Bédouins s'enveloppent de multiples couches textiles

« Chaque montagne est une adresse »

La piste est ponctuée de sable fin, dans lequel les pneus patinent, de zones caillouteuses et de vastes espaces de terre craquelée et craquante. Partout, des montagnes se découpent aux alentours. La plus haute d'entre elle, le Djebel Um ed Dami, culmine à 1.854 mètres à la frontière avec l'Arabie Saoudite. Difficile de distinguer ces formes étranges les unes des autres, mais pour les Bédouins, familles nomades vivant sous la tente, c'est un point de repère. « Chaque montagne a un nom. Pour nous, c'est comme une adresse », explique Abdel Salam Hilweh, le guide. Il ajoute : « Lorsque l'on donne rendez-vous à une personne, il faut aussi spécifier s'il s'agit, d'un renfoncement ou d'une excroissance de la montagne au risque de ne jamais se retrouver ». Au pied de l'une des montagnes, cachée dans un éboulement, une étrange carte taillée par l'homme montre cette nécessité impérieuse et ancestrale de repérer les lieux.

Habité depuis des millénaires

Après trois quarts d'heure de route, un enfant, bidon de plastique à la main, pieds nus, semble surgir de nulle part et croise la piste. Le chauffeur s'arrête et lui remplit son bidon d'eau, lui épargnant ainsi une longue marche vers le puits le plus proche. « Choukran », l'enfant remercie et s'éloigne. Sur les rochers, à deux pas de là, des gravures rupestres et des inscriptions nabatéennes indiquent que le désert est ici peuplé depuis des millénaires. Dromadaires, hommes armés de lances et bovidés sont ainsi représentés accompagnés d'écritures Thamoudéennes datant du VI e siècle avant J.-C. Selon le Coran, le peuple Tamoude ou « Thamud » aurait été détruit par Allah pour le punir de sa mécréance. E plusieurs endroits, des pieds tracés sur la roche rappellent ce respect de Dieu. « Ils indiquent que le site est sacré et qu'il faut traverser le corridor entre ces deux montagnes pieds nus », précise Abdel.

Escale en hôtel de toile

Le soleil commence à décliner. Le trajet semble aléatoire au milieu de ce vaste espace étonnamment silencieux. Le paysage évoque « Lawrence d'Arabie », et quelques scènes du film de David Lean ont été tournées ici dans les années 60. Aujourd'hui, le roi Abdallah tente de lancer l'activité cinématographique dans cette zone protégée depuis 1998. Un endroit où l'on peut rencontrer un Bédouin affairé à préparer un thé à la menthe à l'ombre de l'une des superbes arches creusées par le vent et le temps. Pour se reposer et évacuer la chaleur accumulée, des camps de tentes bédouines ponctuent le désert. Placées à flanc de montagne pour profiter de l'ombre, de la fraîcheur de la roche le jour et de la réfraction de la chaleur la nuit, ces hôtels de toiles sont des oasis bienvenues. Le sol couvert de tapis d'Orient et les canapés bas autour de la table poussent à la nonchalance. Rafiq Sulaiman, patron de l'hôtel, reçoit ainsi de nombreux Français adeptes de trekking autour d'un thé à la menthe accompagné de succulents sawanis et autres sambousek. Il suffit de quelques pas pour s'éloigner du camp et oublier pendant quelques instants le bruit des moteurs et arrêter le temps. Le soleil se couche tôt en Jordanie. Avant de se perdre dans le sable, il prend le temps d'eenflammer une dernière fois les djebels d'une lumière rouge rare.

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Pratique

Population.

Six millions d'habitants dont deux millions vivent à Amman, la capitale. 37,5 % de la population a moins de 14 ans.

Superficie.

91.880 km², dont 80 % de désert.

Gouvernement

Le roi Abdallah II règne depuis 1999 sur le royaume hachémite de Jordanie, monarchie islamique de type parlementaire.

Langues

Arabe et anglais

Climat

Malgré la petite taille du pays, il convient de distinguer la steppe désertique et la vallée du Jourdain - mer Morte. Dans le désert, en hiver, les températures chutent jusqu'à - 5 °C. Les neiges exceptionnelles de cette année ont redonné une santé à la végétation de cette zone habituellement aride. De mai à octobre, chaleur et sécheresse. Les pluies disparaissent et les températures oscillent entre 16 °C et 38 °C. Des températures records allant jusqu'à 43 °C ont pu être enregistrées en juillet. Dans la Vallée du Jourdain et au bord de la mer Morte, les hivers sont doux. Les températures oscillent entre 8 °C et 21 °C. De rares pluies orageuses permettent de reconstituer les réserves d'eau de cette zone très aride située à - 400 mètres sous le niveau de la mer. En été, c'est la canicule. Le thermomètre atteint très souvent les 40 °C. Plus une goutte d'eau ne tombe durant cette période.

Santé.

Les vaccinations habituelles sont requises. Pour les séjours de plus de trois mois, une visite médicale est demandée. Il faut privilégier l'eau en bouteille.

Y aller.

Royal Jordanian, Air France, British Airways, KLM, Lufthansa

Se déplacer.

Sur place possibilité de louer des 4x4. Pour circuler dans le désert, vous devez faire appel à des guides locaux.

Monnaie.

Dinar Jordanien divisé en 1.000 fils. 1 DJ correspond à environ 1,20 €.

Formalité.

Passeport en cours de validité valable six mois après votre retour. Vérifiez qu'il vous reste des pages car certains douaniers n'hésitent pas à en tamponner plusieurs. Le visa est obligatoire, vous pouvez l'obtenir pour 10 JD (env. 12 €) à l'aéroport d'Amman.

Musique.

Festival annuel de musique de Jerash : www.jerashfestival.com.jo

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En ligne 422 visiteurs / 0 membre - Mis à jour le dimanche 20 juillet 2008

Crédit photo (panoramique fond de page) : Christophe ALLAIN