Pêche - pêche à pied
La pêche à la ligne, en quête d'une seconde jeunesse, sera sportive ou mourra. Exemple avec la Fédération départementale du Morbihan.
La Fédération du Morbihan pour la pêche et la protection du milieu aquatique regroupe 27 associations locales, représentant 15.000 pêcheurs.
Rencontre avec son directeur : Christian Le Clève, autour de quatre axes : la taille de la truite, la sécheresse, l'entretien des cours d'eau et la loi sur l'eau.
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A l'ouverture de mars 2006, la taille de la truite passera de 20 à 23 centimètres. Pourquoi ?
C'est l'une des décisions les plus importantes de la matinée. La taille est actuellement à 20 cm, sauf sur les cours d'eau classés saumons. Pour harmoniser et simplifier, nous avons voté pour une taille à 23 cm sur l'ensemble des cours d'eau. On pêche aujourd'hui plus pour le plaisir. Avec la taille à 23, nous atteignons un objectif plus sportif, avec plus d'éthique. 10 % d'effectifs en moins en 2004, incidence de la canicule de 2003.
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Comment sont les niveaux des cours d'eau ?
C'est assez inquiétant car ce qu'il pleut depuis quinze jours est consommé tout de suite. Les réserves sont minces. Pour ne pas avoir de problème au mois d'août prochain, il faudrait qu'il pleuve un peu tout le temps et que les températures ne soient pas trop élevées !
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Quelles sont les évolutions en matière d'entretien des rivières ?
Jusqu'à il y a 20 ans, les cours d'eau étaient entretenus à la pelleteuse avec les dégâts que l'on connaît. Nous avions fait inverser la tendance en proposant aux collectivités des méthodes douces, en lien avec des associations comme Eau et Rivières. Nous avions donc des cantonniers de rivières pour ce travail et le but était qu'à nouveau, un jour, les collectivités reprennent le flambeau. C'est ce qui se fait dans le cadre des CRE ou contrat de restauration. Il y a donc des appels d'offres sur toute la France pour des entreprises de travaux forestiers privées. Notre rôle associatif a atteint ses limites. Nous allons, quant à nous, nous recentrer sur la réhabilitation des cours d'eau recalibrés par le passé. Des expériences sont en cours, comme à Langonnet.
- La réforme de la loi sur l'eau : quel impact pour la pêche à la ligne ? Cette loi est actuellement en débat au Sénat. Elle aura des répercussions majeures pour nous en intervenant sur la qualité de l'eau et donc sur les peuplements piscicoles, sur la surveillance de la pêche par la lutte contre le braconnage, notamment, et enfin sur l'organisation associative de la pêche et les moyens financiers dont elle disposera pour la gestion des milieux aquatiques. Les intentions sont louables mais c'est un grand « chamboule-tout », et nous devons être vigilants.
Les bonnes adresses :
- Côtes-d'Armor : Fédération des Côtes-d'Armor pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, 66, boulevard Arago, 22000 Saint-Brieuc, tél. 02.96.68.15.40.
- Finistère : Fédération départementale de Pêche, 4, allée Loeiz-Herrieu, 29000 Quimper, tél. 02.98.10.34.20; Fédération des Associations de Pêche et de Pisciculture Favot, 29190 Brasparts, tél. 02.98.8.44.36.
- Ille-et-Vilaine : Fédération de Pêche d'Ille-et-Vilaine, Boulet,35440 Feins, tél. 02.99.69.70.55; Fédération départementale des Associations de Pêche et Pisciculture d'Ille-et-Vilaine, 9, rue Louis-Kérautret, Botmel, 35000 Rennes, tél. 02.99.22.81.80.
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Morbihan : Fédération de la Pêche du Morbihan. A proximité
3, rue Marcel-Dassault, 56890 Saint-Avé, tél. 02.97.44.54.55.
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Pratique
Pêche à pied. L’exemple italien
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EnFrance, l’exploitation des gisements est encore très souvent hasardeuse, voire anarchique. Rien à voir avec ce qui se fait en Italie. A l’heure où, en Bretagne, la pêche à la palourde est au cœur d’un conflit d’intérêts, l’exemple italien pourrait bien faire école.
A Goro (Italie) on compte 5.000 habitants; la quasi totalité des familles vit de la pêche de la palourde. Longtemps, le gisement a été considéré comme une source intarissable. « Mais, en 1992, alors que nous produisions près de 80 % de la production européenne, le milieu s’est eutrophisé. Nous avons alors décidé de revoir notre organisation ».
Les pêcheurs ont créé 18 coopératives installées autour de la lagune, se partageant ainsi un peu plus de 1.000 hectares. Chaque société emploie entre 40 et 100 professionnels. A Goro, ils sont désormais 1.300 à vivre de leur pêche (en 1985, ils étaient 750). Et à en vivre correctement. « En moyenne, un pêcheur ramène dix tonnes par an à 2,88 euros le kilo », estime Vadis Paesanti. A cela s’ajoute la godaille : « Chacun peut emporter cinq kg pour sa consommation personnelle ».
Mais gare au vol. Pour surveiller le gisement, douze gardes jurés armés patrouillent jour et nuit. Ce n’est pas la seule initiative qui a été prise. Pour remonter la pente, ils ont fait appel à des biologistes pour tester de nouvelles espèces. Aujourd’hui, le gisement se reproduit naturellement sans avoir à le réensemencer.
Et Goro a retrouvé son rang dans le concert européen.