Jean Guéhenno

Jean Guéhenno

Originaire de Fougères, Jean Guéhenno est un petit ouvrier qui finit académicien. Et meurt à Port-Blanc (22).

Publié le 24/05/2018
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1961. Petit ouvrier breton accueilli sous la Coupole, Jean Guéhenno s'est toujours méfié des consécrations.

Enfant, il craint que le bac ne le coupe de ses racines. Normale Sup', agrégation, Académie française ne lui font pourtant tourner ni la tête ni le dos à son petit monde.

Fidèle à son enfance

Il reste tout simple : « La plus grande et la plus émouvante histoire serait l'histoire des hommes sans histoire, des hommes sans papiers, mais elle est impossible à écrire », regrette-t-il dans 'Changer la vie', l'une des deux oeuvres -avec Journal d'un homme de 40 ans (1934)- qu'il consacre à son enfance bretonne. Humaniste, il a bien entendu le message de Jaurès, venu soutenir à Fougères la grande grève de 1906. Depuis, Guéhenno est un homme engagé qui manie la culture du peuple comme d'autres les Kalachnikov.

Fougères, c'est le départ. Port-Blanc, c'est l'arrivée. De sa petite maison de pêcheur, on balaie un horizon hérissé de gros rochers noirs. Un jour de brume, ce sont ces îles qui lui apportent la paix, c'est là qu'il voudrait être. Le 22 septembre 1978, la mort fige sa plume. Deux jours plus tard, un petit bateau de pêche quitte le port, contourne l'île Rouzic. La brume enveloppe les Sept-Iles. Le moteur est coupé. On jette bas les casquettes. L'histoire dit qu'un fou-de-bassan arrivé de nulle part déchire le silence au moment où l'urne est jetée.

 C'est là que désormais Jean Guéhenno repose.

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