René-Guy Cadou

René-Guy Cadou

Originaire de Loire-Atlantique, le poète y mourut trop tôt...

Publié le 24/05/2018
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1951. « Continuez... Le temps qui m'est donné, que l'amour le prolonge... » René-Guy Cadou meurt dans un souffle poétique. Il n'a que 31 ans. Son oeuvre, dense et originale, creuse un sillon unique dans la poésie du XXe siècle. Ses vers s'ancrent dans le terroir de Loire-Atlantique et de Bretagne sans pour autant verser dans le pittoresque régionaliste.

Né à Sainte-Reine-de-Bretagne, dont Gilles Servat est aussi originaire, René-Guy Cadou aime la Grande Brière, ce pays de marais au nord de l'estuaire de la Loire.

Toute liberté se survit...

C'est là -loin du parisianisme, d'André Breton et de Nadja- qu'il entre en poésie en 1936. Michel Manoll et Pierre Reverdy lui font rencontrer Max Jacob puis Guillevic et sa poésie minimaliste. On est en plein surréalisme, mais Cadou poursuit sa voie, à la recherche d'une poésie « surromantique, aussi éloignée de l'ouragan romantique que des chutes de vaisselle surréalistes, et tendant à l'universel. » On y rencontre des gardes-chasse, des coureurs cyclistes, des joueurs de palets et des curés de campagne. Ces figurants traversent une campagne française balisée de toponymes bien de chez nous et parcourue de bistrots, de cimetières ou de cours d'écoles. On y entend battre la vie, on y entend sonner la mort.

Cette mort qui frappe le 20 mars 1951, à deux pas de Louisfert, où Cadou enseignera et mourra. 27 otages ligotés paient de leur vie l'exécution à Nantes du lieutenant-colonel Holtz : « Parce que le vent est passé là ils chantent - Et leur seul regret est que ceux - Qui vont les tuer n'entendent pas - Le bruit énorme des paroles. » (« Les Fusillés de Châteaubriant »). Cadou, lui, a quelques pas encore à faire. Ses jeunes copains poètes de l'école de Rochefort éclairent ses années d'après guerre. En 1943, Hélène entre dans sa courte vie et l'accompagne dans la maladie.

 Les poètes meurent toujours trop tôt.

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