Tristan Corbière

Tristan Corbière

A vécu à Morlaix et à Roscoff, où il traînait, mal aimé, avec les gars du port.

Publié le 24/05/2018
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1883. En publiant une anthologie des poètes maudits, Verlaine donne un nom à Tristan Corbière, huit ans après la mort de ce dernier, en 1875. Sans Verlaine, point de Corbière, même si celui-ci avait pressenti que la mort lui ouvrirait les portes de la renommée : « Fais de toi ton oeuvre posthume »...

De son vrai nom Edouard Joachim, Tristan Corbière n'a vécu que trente courtes années entre Morlaix, Roscoff, Paris et l'Italie. Ses quatorze premières années se déroulent sans anicroche entre une mère aussi jeune que son père est vieux, au domaine du Launay, manoir de Ploujean. La poésie doit venir en souffrant, car Tristan livre ses premiers vers du lycée impérial de Saint-Brieuc, où il vit mal l'internat. De sa « cage », Tristan écrit son premier poème, l'Ode au chapeau. Ce bagne n'a qu'un temps : dès 1860, déjà malade, Tristan rejoint un oncle médecin à Nantes, où la vie d'externat promet d'être plus douce.

Mais le mal - tuberculose et rhumatismes - empire, et, en 1863, Tristan est rapatrié à Roscoff  : « Au vieux Roscoff, Berceuse en nord-ouest mineur, Trou de flibustiers, vieux nid A corsaires ! -dans la tourmente, Dors ton bon somme de granit Sur tes caves que le flot hante... »

Bohème chic

Commence alors une vie de dandy marginal. Sa santé trop précaire lui refusant le bonheur d'être marin, Tristan traîne sur les quais de Roscoff son corps maladif. Si maigre que les Roscovites le surnomment l'Ankou. De quoi forcer chez lui l'envie de la provocation : un jour il se travestit en femme, le lendemain en forçat ou en mendiant. Des frasques qui durent jusqu'à la rencontre avec Marcelle. Pour elle, il quitte la mer qu'il aime. Pour des Amours plus jaunes que roses qu'il couchera sur le papier en 1873. Un recueil unique de poésies qui fait de lui le petit frère de Rimbaud, Verlaine ou Mallarmé et le maître à penser des surréalistes.

Un des pères enfin de la poésie d'aujourd'hui.

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