Le Yeun Elez, aux Portes de l'Enfer

Le Yeun Elez, aux Portes de l'Enfer

Faut-il se sentir rassuré lorsque l'on se promène dans les Monts d'Arrée, du côté de Brennilis ? C'est ici que s'étend le 'Yeun Ellez', un vaste espace que la légende bretonne dit constituer les 'Portes de l'enfer', l'Ellez ayant la triste réputation d'être la rivière des damnés.

Le paysage modifié depuis l'implantation de la centrale nucléaire, en 1962, se pare aujourd'hui de la retenue d'eau du barrage de Nestavel. Autrefois, seules les landes désertiques donnaient toute sa dimension sauvage à cette cuvette particulièrement humide. 'Le Youdig' (petite bouillie) montre bien par son nom la dangerosité des lieux.

Selon la légende rapportée par Anatole le Braz, c'est ici que l'on venait rejeter en enfer les âmes mauvaises qui hantaient les vivants. On faisait alors venir un prêtre exorciste chez soi pour métamorphoser le revenant en chien noir. On conduisait ensuite l'animal jusque chez le recteur de Commana ou de Brasparts en prenant soin de s'arrêter dans chaque presbytère sur le chemin. Le prêtre se vêtait de son surplis, prenait son étole et accompagnait la personne et le chien au cœur du 'Yeun Ellez' à la tombée de la nuit.

Le trajet se faisait dans une ambiance à la fois tendue et solennelle.

Son étole autour du cou

L'affaire n'était pas une partie de plaisir, le chien ou revenant se débattant à chaque pas de plus belle. Mieux valait de plus regarder où poser ses pieds, chaque fondrière recelant les dangers d'une chute maligne. Le recteur, pour accomplir sa tâche, devait alors passer son étole autour du cou du chien noir et le précipiter dans le marais des Portes de l'Enfer.

C'est seulement à partir de cet instant que la paix revenait.

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