Denis au service de la foi

Denis au service de la foi

Les thèmes chers à Maurice Denis, la religion et la Bretagne, se retrouvent dans cette toile : « Portrait d'Albert Clouard en Saint-Guirec », datant de 1903. Le saint prend ici les traits d'un ami du peintre, Albert Clouard, peintre de l’Ecole de Pont-Aven.

Publié le 24/05/2018
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« Portrait d'Albert Clouard en Saint-Guirec » demande une explication si l'on ne connaît pas l’amitié de Maurice Denis envers Albert Clouard.

D'un côté, Denis, peintre néo-impressionniste, né en 1870 en Normandie. De l'autre, Clouard, né à Rennes en 1866, l’un des maîtres, reconnu tardivement, de l'Ecole de Pont-Aven. Entre les deux, outre la même ferveur pour le pinceau, un lieu : Perros-Guirec, situé sur la Côte de Granit Rose.

« Je l’aime ma Bretagne »

Le peintre normand connaît ce lieu depuis l’enfance. Chaque année, pendant 50 ans, il y reviendra fidèlement. Maurice Denis est un Breton contrarié, lorsqu'il confie à son journal : « Oui, je l’aime ma Bretagne. Sans ce maudit Couesnon qui met le Mont en Normandie, je serais Breton aussi ».

A sa mort, en 1943, Auguste Dupuy, journaliste à La Dépêche de Brest, finira l'éloge funèbre sur ces termes, témoignant de l'attachement des locaux à cet artiste : « Bornons-nous à ce bref hommage, à ce rameau de bruyère, à cette touffe d’ajoncs sur un ami de notre Bretagne ».

Gide, Valéry, Clouard, amis de Maurice Denis

A Perros-Guirec, Denis achète 'Silencio', une belle maison qui accueillera Gide et Valéry, mais surtout son fidèle ami, Albert Clouard. Est-ce dans ce lieu que les deux hommes ont communié par leur talent sur la légende de saints bretons ? Entre 1903 et 1906, tous deux peindront un tableau à son effigie. « Comment Saint-Guirec vint en Bretagne » pour Clouard, et ce « Portait d’Albert Clouard en Saint-Guirec », de Maurice Denis.

Trouver une clef certaine entre les deux peintres n’est pas chose aisée. Pourtant, la parution à cette époque d'un ouvrage d’Albert Clouard sur la légende de ce saint fait comprendre l’hommage rendu par Maurice Denis. Il n'y a qu'un pas à faire pour expliquer cette confusion du visage de l'évêque et de celui d’Albert Clouard.

Cette huile sur toile manifeste le rôle de la peinture chez Maurice Denis qui se devait d'être au service de la foi. A partir de 1918, il se consacre exclusivement à l'art religieux. Très tôt, cette fibre religieuse est perceptible chez Maurice Denis. Pour preuve, après son baccalauréat, en rentrant à l'académie Julien, il avait la conviction d'être un peintre chrétien.

L’avenir ne fera que confirmer ses deux attachements : la Bretagne et la religion catholique.

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