Filiger le mystique

Filiger le mystique

Charles Filiger (1863-1928) fut un compagnon de Paul Gauguin et d'Emile Bernard. Mystique, il composa des gouaches représentant des scènes de la vie du Christ ainsi que des paysages bretons, marqués par le synthétisme du groupe de Pont-Aven.

Charles Filiger, qui passa une partie de sa vie à errer en Bretagne, misérable et malade, trouva chez André Breton un inconditionnel zélé qui contribua à le faire connaître. Le père du surréalisme admirait les talents de coloriste de Filiger, ainsi que ses sujets inspirés de l’imagerie populaire et médiévale.

La Bretagne un pays de magie

Charles Filiger est né à Thann, en Alsace, en 1863. C'est à Brest qu'il s’éteignit en 1928. Il étudia à Paris, à l’Académie Colarossi, puis il rejoignit la Bretagne en 1889, où le paysage et la dévotion de ses habitants l’inspirent. Filiger évoqua la région en ces termes, à son frère Paul, en octobre 1905 : 'La pauvre Bretagne, tu en parles ! Mais c'est un pays de magie et c'est peut-être pour cela que je suis devenu fou..., à force de l'avoir trop comprise et aimée...'

Lors de la récente vente de la succession André Breton, deux oeuvres de Filiger ont été acquises par le musée des Beaux-Arts de Quimper. Ce portrait réalisé au Pouldu est construit avec des touches hachurées à l'intérieur de formes cernées. Il est tout à fait représentatif de la recherche de simplicité qui anime Filiger pour atteindre l'essentiel. Est-ce un autoportrait ou simplement la tête d'un marin-pêcheur du Pouldu ? Il n'y a pas de réponse. L'artiste utilisait toujours le même type de visages dans ses compositions : figure allongée, pensive, au regard intériorisé.

Art imprégné de mysticisme

Filiger est le peintre le plus étrange du groupe de Pont-Aven. Son art, tout imprégné de mysticisme, évoque à la fois l'icône et le vitrail, comme en témoigne cette oeuvre exemplaire. Ce n'est pas étonnant que son ami Emile Bernard désigna son style comme un amalgame entre l'art populaire breton et la tradition byzantine. Charles Filiger, comme Paul Sérusier et Jacob Meyer De Hann, a décoré la maison Marie-Henry dès 1889. Paul Gauguin y a passé plus d'un an. Peintures, gravures et documents rares ou inédits en font un vrai lieu de mémoire.

Le chemin des Peintres au Pouldu, autour de la maison Marie-Henry, a été inauguré en 2003.

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