Granchi-Taylor et les pêcheurs

Granchi-Taylor et les pêcheurs

Des peintres qui illustrèrent le port de Concarneau, Achille Granchi-Taylor est probablement l’un des plus mystérieux. Né à Lyon en 1857, Granchi-Taylor a eu très vite envie de devenir peintre. Seulement, la peinture ne nourrit pas forcément une famille.

Installé à Paris avec sa mère, il débute, sans conviction, une carrière d'agent de change, tout en continuant à crayonner.

Finalement, un krach boursier lui sauve la mise. Il abandonne la Bourse pour assouvir sa passion, côtoie Toulouse-Lautrec, Emile Bernard et se lie d'amitié avec Paul Gauguin. Dans la foulée il découvre la Bretagne et Concarneau. Mais, rapidement, c'est à Pont-Aven qu'il s'installe pour retrouver Gauguin.

Affiche des Filets bleus

Sur les bords de l'Aven, son allure de peintre excentrique tranche quelque peu avec l'image qu'il donnera plus tard à Concarneau. Au pied de la Ville Close, il retrouve le plaisir qu'il avait eu à peindre le petit peuple de Paris. Le retour des pêcheurs au port, les femmes qui attendent sur les quais, la misère, aussi, qui entoure Concarneau : Granchi-Taylor est loin du style qu’il avait imposé à Pont-Aven.

En 1891, il peint « Chômage », que le musée de Quimper acquiert deux ans plus tard. « Gens de mer », « Tannée des voiles et des filets à Concarneau », il devient le peintre des pêcheurs. Il offre même à la fête des Filets bleus sa première et sa plus célèbre affiche, représentant une pauvre femme et ses enfants dans un port aux bateaux désespérément vides.

Les peintures de Granchi-Taylor sont empreintes de mélancolie. Et si certains déplorent qu’il soit un sombre coloriste, même s’ils reconnaissent en lui un grand artiste, Granchi-Taylor reste l’un des rares peintres à avoir décrit sobrement la misère qui touchait les ports de l’époque.

Marié à sa cousine, qui supportait mal le climat breton, le couple part ensuite s’installer à Asnières où Granchi-Taylor décède, le 17 août 1921.

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