Glénan : une fleur peut en cacher une autre

Glénan : une fleur peut en cacher une autre

Les visiteurs se bousculent chaque année sur l'île de Saint-Nicolas, aux Glénan, à la découverte de l'éphémère et rare narcisse. D'autres espèces poussent aux côtés de cette fleur protégée, dont l'amphalode, également placée sous la surveillance de Bretagne Vivante.

© (DR)

« Nous bénéficions d'une belle floraison cette année » : Nathalie Delliou, la garde-animatrice de la réserve naturelle partage son temps depuis quelques semaines entre les Glénan et la Maison du littoral de Trévignon où l'association Bretagne Vivante-SEPNB est installée. L'an prochain, les bénévoles de l'association se rendront sur l'île pour un comptage unitaire, brin par brin, réalisé tous les cinq ans. Sans en attendre les résultats, la garde-animatrice est satisfaite. « Le narcisse gagne du terrain », annonce-t-elle.

La tombe est fleurie

Préservée, l'espèce s'étend aujourd'hui, en dehors des parcelles protégées du piétinement. Compte tenu de la situation, l'association porte désormais ses efforts sur deux îlots de l'archipel, le Veau et la Tombe. « Les goélands y piétinaient le sol et y nichaient. Il y a une semaine, nous y avons déployé une toile d'araignée de fils pour permettre au narcisse de se développer. La situation s'améliore sur la Tombe, mais nous n'avons dénombré que 20 pieds de fleurs sur l'îlot du Veau cette année », poursuit Nathalie Delliou.

Une réserve pas très naturelle

Le paysage a bien changé sur l'île Saint-Nicolas depuis que l'association est chargée de la gestion de l'espace naturel. Depuis 1984, les expériences ont été multipliées pour favoriser le repeuplement de l'île en narcisses. Les ânes ont succédé aux moutons avant d'être remplacés par un tracteur.Le choix d'entretenir l'espace pour favoriser le développement d'espèces n'a pas grand-chose de naturel, avoue la garde-animatrice. « L'impact de l'homme est pourtant important. Sans intervention, les ronces et le genêt auraient pris le dessus, réduisant la biodiversité. »

Piétinées pour mieux pousser 

La SEPNB ne s'intéresse d'ailleurs pas seulement au narcisse. Une autre petite fleur blanche actuellement visible sur les dunes fait aussi l'objet de toutes ses attentions. D'après Nathalie Delliou, « Saint-Nicolas est la station la plus septentrionale de l'amphalode du littoral : une petite plante aux feuilles vert-gris et aux fleurs blanches que l'on ne trouve plus qu'en Gironde. » Typique du milieu des dunes, la plante est donc rare. On la trouve également sur les îles de Vendée ainsi qu'à Houat et Hoëdic. La petite plante est aussi atypique, preuve que la nature n'est pas toujours facile à gérer. « Il semble que l'amphalode du littoral ait besoin d'être piétinée », poursuit la garde de la réserve.

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