Navires en avarie. Procédures renforcées

Navires en avarie. Procédures renforcées

Le naufrage de l'Erika a sensiblement modifié le comportement des autorités maritimes. Plus interventionnistes, plus à même de demander des renseignements auprès d'un navire en avarie, les Cross et le Centre opérationnel de la Marine (Com), chargés de déployer les secours, ont renforcé leurs procédures.

Après la catastrophe de l'Erika, il sera reproché un certain attentisme de la part des autorités maritimes qui n'auraient pas suffisamment cherché à recueillir des informations auprès du capitaine du pétrolier, afin d'évaluer précisément le risque. Il n'a pas révélé la gravité de la situation à temps. Les acteurs du Cross Etel et de la préfecture maritime de Brest avaient, pourtant, pour mission de décrypter le danger et de déployer d'autorité des moyens pour éviter la catastrophe.

Inciter le capitaine à parler

Il y a bien eu un avant et un après Erika en matière d'évaluation du risque maritime. Avant 1999, on agissait plutôt dans l'esprit britannique d'assistance « sur demande du capitaine », avec le flegme et la distance respectueuse réservée au commandant, « seul maître à bord ». Après l'Erika, les principaux acteurs de l'assistance et du sauvetage en mer ont pour mission renforcée de recueillir un maximum de données sur le navire qui présente un risque pour son équipage et l'environnement immédiat. Mais la pression commerciale est telle que les capitaines ne divulguent pas toujours la nature des avaries dont ils sont victimes, même, en dépit des lois maritimes qui condamnent ce genre d'omission.

Les infos tournent

Les opérateurs des Cross et du Centre opérationnel de la marine dépendant disposent aujourd'hui d'une base de données internationales contenant les dernières informations sur les navires concernés. Informations sur la cargaison, sur l'armateur, les récents contrôles. On ne se repose plus sur le bon vouloir des capitaines, on est aujourd'hui davantage en mesure de déterminer la dangerosité d'un navire et son facteur de risques. Les services sont nettement mieux reliés entre eux et sont capables de communiquer en temps réel. Ce progrès permet de recouper, au plus vite, les informations essentielles à cette évaluation. Troisièmement, on n'hésite moins à envoyer systématiquement une équipe d'évaluation au-dessus d'un navire en difficulté. La priorité est, avant tout, de récupérer l'équipage en danger, puis de sauvegarder le navire et son environnement.

Avant qu'il ne soit trop tard

Sans attendre la demande d'assistance du capitaine, les autorités disposent de davantage de moyens pour déclencher une mise en demeure de remorquage et tous les moyens de sauvegarde qui s'imposent. La vague interventionniste et sécuritaire, après le 11 septembre 2001, a aussi balayé le monde maritime.

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