Port-Moguer, à Plouha

Port-Moguer, à Plouha

C'est une échancrure dans la roche que surplombent des champs labourés. Le petit port est là, fragile havre....

Au fil de la petite route qui serpente vers la cale, les bruits de la terre s'estompent. En-bas, seuls les oiseaux nicheurs ont encore la parole.

Nous sommes à Port-Moguer, seul rempart construit par les habitants de Plouha pour circonscrire la fureur de la mer et tenter de l'amadouer par une simple pêche côtière. Plouha est terrienne avant tout.

Contre les vents d'ouest

L'ouvrage, construit vers 1840, témoigne par sa modestie de cette timide relation des hommes avec la mer. Constitué d'un quai doublé d'une digue de granit rose, il protège à marée haute une petite flottille des vents d'Ouest qui attaquent la falaise. A marée basse, l'univers minéral reprend le pas : au pied des falaises, de la petite guérite aux volets verts, un double sentier s'échappe. Vers le haut celui des douaniers, vers le bas celui des contrebandiers et des risques-tout. De larges pans de falaise s'abandonnent en effet régulièrement à la vague, creusant autant de grottes dans la muraille. C'est là que logent les hirondelles, dont les cris se mêlent au ressac.

Des eaux claires, de grands oiseaux de mer puisent une nourriture abondante. Les fonds peu profonds -dix mètres- regorgent de moules, de bernard-l'hermites, de gobies, de soles et de crabes verts. Parfois on y trouve aussi de vifs bancs de sprats. Les plongeurs y sont comme des poissons dans l'eau.