Port-Béni, de Pleubian

Port-Béni, de Pleubian

De Port-Béni, tourné plein Ouest, le regard croise une mer grise hérissée d'écueils. Une grève de galets longue comme un jour sans pain plonge vers le Sud.

Deux, trois maisons, un abri de bois, le vent qui souffle sur la lande sauvage, Port-Béni l'est forcément pour ceux qui ont survécu aux affres de la mer.

Pourtant, le petit port n'est qu'un lieu de passage. Ni terrasse, ni abri réconfortant le marin au long cours n'augurent d'un long séjour. Rien n'est fait pour y rester. C'est pourtant ici que Saint-Maudez aurait débarqué au VIIe siècle. Depuis, le petit port a connu des hauts et des bas.

De palabres en attente

Au XIXe, Port-Béni, très actif, accueille une imposante flottille. Les relevés de l'année 1885 donnent ceci : 37 entrées de bateaux pour un tonnage de 400 tonnes, 61 sorties pour 1.236 tonnes. De quoi susciter des envies d'aménagement.

Le conseil d'administration prévoit des travaux d'élargissement du quai pour prévenir tout accident, tant nombreuses sont les voitures qui y circulent. La cale doit aussi être revue et corrigée. De palabres en attente, ce n'est qu'en 1904 que les travaux commencent.

Aujourd'hui, quelques barques et pêche-promenades font sentinelles couchées à marée basse. Car le port n'est pas accessible 24 heures sur 24. Mais l'époque de la grande pêche est bien finie, ici aussi.