Bestrée, à la Pointe du Raz

Bestrée, à la Pointe du Raz

Ultime abri avant le grand large, Bestrée se cherche au creux de la Pointe du Raz.

Une digue naturelle surmontée d'un contrefort de pierre protège la cale des lames redoutables. Des canots attendent leur mise à l'eau, un plongeur rentre au port. Les chants des oiseaux et le ronronnement d'un chalutier au loin bercent le site d'une langueur printanière. Deux randonneurs hésitent et poursuivent leur chemin. Deux pêcheurs à la ligne s'élèvent au dessus du port pour filer, à travers la bruyère, vers leur zone de pêche. Bestrée sommeille.

Fatal chavirage...

Le petit port a connu mieux. Il servait autrefois d'embarcadère pour l'île de Sein. Mais le bateau de Sein n'y fait plus escale après le chavirage de deux canots. Seuls y embarquaient encore récemment, jusqu'à l'automatisation des phares, les gardiens d'Ar-Men et de la Vieille. Transport d'hommes donc et aussi port de pêche. Bestrée, comme le petit port de Feunteun-Aod (Fontaine du rivage en breton), situé à deux pas sur la commune de Plogoff, était au XVIe siècle au cœur d'une pêche très prospère : la morue du raz de Fontenoy -nom ancien de la pointe-. Elle s'exportait jusqu'en Espagne. Une fin de siècle mouvementée fragilisa la filière qui reprit de plus belle au XVIIe siècle.

Depuis, la morue a préféré déserter, vouant les sécheries à une mort lente. Le type et le mode de pêche ont évolué, rendant Bestrée anachronique. Sauf pour les canots de petite envergure. Un treuil fonctionne donc toujours pour hisser à l'abri des vagues gigantesques les frêles embarcations ou les caisses de poisson. Il arrive à une pêche de type artisanale de transiter par Bestrée.

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