Bestrée, à la Pointe du Raz

Bestrée, à la Pointe du Raz

Ultime abri avant le grand large, Bestrée se cherche au creux de la Pointe du Raz.

Publié le 08/08/2005
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Une digue naturelle surmontée d'un contrefort de pierre protège la cale des lames redoutables. Des canots attendent leur mise à l'eau, un plongeur rentre au port. Les chants des oiseaux et le ronronnement d'un chalutier au loin bercent le site d'une langueur printanière. Deux randonneurs hésitent et poursuivent leur chemin. Deux pêcheurs à la ligne s'élèvent au dessus du port pour filer, à travers la bruyère, vers leur zone de pêche. Bestrée sommeille.

Fatal chavirage...

Le petit port a connu mieux. Il servait autrefois d'embarcadère pour l'île de Sein. Mais le bateau de Sein n'y fait plus escale après le chavirage de deux canots. Seuls y embarquaient encore récemment, jusqu'à l'automatisation des phares, les gardiens d'Ar-Men et de la Vieille. Transport d'hommes donc et aussi port de pêche. Bestrée, comme le petit port de Feunteun-Aod (Fontaine du rivage en breton), situé à deux pas sur la commune de Plogoff, était au XVIe siècle au cœur d'une pêche très prospère : la morue du raz de Fontenoy -nom ancien de la pointe-. Elle s'exportait jusqu'en Espagne. Une fin de siècle mouvementée fragilisa la filière qui reprit de plus belle au XVIIe siècle.

Depuis, la morue a préféré déserter, vouant les sécheries à une mort lente. Le type et le mode de pêche ont évolué, rendant Bestrée anachronique. Sauf pour les canots de petite envergure. Un treuil fonctionne donc toujours pour hisser à l'abri des vagues gigantesques les frêles embarcations ou les caisses de poisson. Il arrive à une pêche de type artisanale de transiter par Bestrée.

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