Le Conquet. Première escale vers les îles

Le Conquet. Première escale vers les îles

De ses ruelles pierreuses à ses quais animés, Le Conquet attire chaque année son lot de visiteurs. Port de pêche et de plaisance, labellisé pour la propreté de ses eaux, la jolie commune permet, avant tout, un lien avec les îles de la mer d’Iroise.

Destination Le Conquet. 2.600 âmes au compteur pour un décor des plus pittoresques. Encore appelé «Konk-Leon» par les amoureux de la langue bretonne, ce petit port de pêche est, aujourd'hui le principal lien entre les terres d'Iroise et les îles. Mais à l'origine, les terres conquetoises furent l'objet de bien des convoitises.

Des Brittons aux Teutons

D'abord victime de raids normands vers 875, c'est en 1207 que le roi d'Angleterre, Jean Sans-Terre, s'approprie la ville. Onze ans plus tard, Pierre de Dreux, duc de Bretagne, parvient à bouter les Brittons hors du territoire conquetois.

Et l'histoire mouvementée du Conquet ne s'arrête pas là. Lors de la guerre de Cent-ans, le port devient l'escale rêvée entre l'Angleterre et la Guyenne, qui occupèrent l'endroit, à tour de rôle. Puis, le 29 juillet 1558, une armée forte de 7.500 hommes débarque sur la fameuse plage des Blancs-Sablons, pillant et dévastant toute la zone, jusqu'à Lochrist, avant d'être rapidement chassée par la chevalerie du Léon et une foule de paysans en colère.

Fin XVIIe, Vauban aura beau garnir les côtes voisines de forts, Le Conquet subira, entre1940 et1944, une occupation allemande.

Pêche et plaisance

Si, au fil du temps, toutes ces «intrusions» vont forger l'identité de la ville, c'est pourtant la plus inoffensive d'entre elles qui finira par lui trouver un fond de commerce. Dès 1849, des pêcheurs originaires de Loguivy-de-la-Mer (près de Paimpol, NDLR), lorgnant sur ces alentours marins foisonnants de langoustes et de homards, décident de s'y installer.

Aujourd'hui, comme le rappelle l'emblème du port, les caseyeurs ramènent beaucoup de tourteaux. Quant aux filayeurs, ils y pêchent du poisson noble, comme la lotte ou le turbot. Or, ce sont aussi la plaisance et le tourisme qui ont su forger l'aspect et le caractère du Conquet. «Et pour cause, pointe Aurélie Pinna, directrice de l'office de tourisme. Au-delà des balades sympas sur la pointe des Renards ou la presqu'île de Kermorvan, les gens viennent, surtout, pour larguer les amarres vers les îles». Les compagnies Pen-ar-Bed et Finist'Mer desservent ainsi régulièrement Molène et Ouessant, durant la belle saison.

Une commune «écolo»

La saison 2012 s'annonce d'ailleurs étonnamment bien, puisque le nombre de visiteurs, ce mois-ci, égale le chiffre total de l'an passé. Selon Aurélie Pinna, l'explication pourrait, en partie, venir du fait de la récente labellisation du Conquet comme «station verte». «C'est une belle récompense pour notre commune, très investie dans les questions d'environnement et de développement durable». Un gage de qualité qui vient compléter celui dont jouit encore la plage de Portez, marquée d'un «pavillon bleu» international.