La Brière, une paix fragile

La Brière, une paix fragile

Enclave paisible, la Brière, ses canaux, ses chaumières, donne à la Bretagne un de ses singuliers visages. Mais si la gestion d'une partie des lieux est héritée du XVe siècle, le parc doit aujourd'hui composer avec l'industrie, les agriculteurs et les chasseurs. 

© Bretagne Magazine

Le clocher de Saint-Malo-de-Guersac pointe au-dessus de la platitude du marais ébouriffé de roseaux. Plus loin, le pont curviligne de Saint-Nazaire, le portique géant des chantiers navals. Ici, à Rozé, un groupe d’étudiants en écologie écoute l’histoire de la Brière gisant sous la surface de vases noires. Pour présenter le parc naturel régional, Florence Buron leur fait mettre les mains à la pâte afin d’extraire une carotte de sédiments gras, compacts. La “pâte ” est onctueuse, noire sur un demi-mètre, grise au-dessous. [...] Florence Buron évoque les hypothèses pour les 500 ans à venir.

Sans entretien, le marais se refermerait, le milieu s’«atterrirait», les arbustes colonisant l’espace. Autre scenario: le niveau des mers submergeant l’estuaire, l’élargissant à nouveau, baignant le marais d’eaux plus saumâtres que douces. Troisième éventualité: un statu quo pour ce parterre d’eaux, de plantes et d’oiseaux n’est envisageable que si la Brière est entretenue, les vases des canaux curés régulièrement, la végétation contenue. Ce qui implique des équilibres à maintenir entre usagers, aux attentes souvent antagonistes, notamment autour du niveau d’eau retenu, qui est réglé par des écluses.

Diplomatie permanente

Sans être le gendarme ou le juge de paix de ce territoire complexe, le parc naturel régional prend sa part dans cette diplomatie permanente, qui se joue parfois au centimètre près. Les agriculteurs veulent des prés humides asséchés assez tôt à la belle saison, pour pouvoir «monter» leur bétail sur ces «platières», terres émergées l’été, inondées hiver, couvertes d’herbes, de joncs, tapissées de bourdaine, de pissenlit, de cardamine des prés. Le Parc accompagne les agriculteurs mettant en œuvre les mesures agro environnementales et climatiques (MAEC), contrats volontaires veillant à maintenir leurs pratiques paysannes traditionnelles, les périodes de fauche et de pacage respectant les écosystèmes, les habitats naturels de la faune sauvage. «Certains visiteurs se plaignent de ne pas voir beaucoup d’oiseaux quand le niveau d’eau est bas mais ce n’est pas le Parc qui décide mais le Syndicat du bassin versant», rappelle Alice Petit. [...]

 

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Annick Fleitour
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