Les monts d’Ewen

Les monts d’Ewen

Entre légendaire et réalité, un voyage avec Patrik Ewen. Sur les routes des monts d’Arrée, le conteur remonte à la source de son amour pour ce pays merveilleux, autour de Commana, du Yeun, de Plounéour-Ménez et du chemin des crêtes.

© Simon Cohen

Accompagner Patrik Ewen par les chemins de l’Arrée, qui refuserait pareille invitation ? La présente aventure a commencé à la gare de Morlaix, dans un frais petit matin d’été breton. Passage obligé, depuis tant d’années que tourne en boucle, dans nos mémoires, la voix de Patrik, chantant comme il avait « le cœur gai, en regardant là-bas vers les monts d’Arrée ».
À la gare de Morlaix, donc, tout en jean et Ray-Ban, Patrik attendait pour nous embarquer avec diligence vers son far west mythique et l’ouest épique de ses montagnes sans âge. Mais pour franchir « la lisière des trois pays et des deux mondes », il faut dénicher un passage magique. Une armoire, un arbre, une pierre dressée, un quai de gare peuvent faire l’affaire.

Ici, c’est un carrefour, où la D 785 nous ouvre un espace géographique, mémoriel et affectif, longuement arpenté autant que rêvé. Si ses frontières ne se lisent pas sur la carte, elles s’affirment réelles dans les souvenirs. On peut se risquer à lui dessiner une forme un peu cabossée, de Pleyber-Christ à Brennilis, par la Feuillée, de Brennilis à Commana, par Saint-Rivoal… Pas beaucoup plus. Il ne s’étend pas au pays des enclos magnifiques, ni à la solitude boisée de Huelgoat, il effleure tout juste les splendeurs austères de Brasparts. Un paysage nu, des villages de pierre restés tels qu’en eux-mêmes, et des gens si peu ordinaires…

Sur la crête du Roc'h Trévezel, Patrik se fait vigie, scrutant la Bretagne, dont l'horizon se déploie à 360°.
© Simon Cohen

Un tout autre monde

Des arpents de rocs et de landes, des vallées boisées où, comme dans les fameux Récits barbares de Patrik, on balance en permanence des âges épiques à la mémoire récente. L’Autre Monde est ici et ailleurs. La première halte ne pouvait s’imaginer qu’à Plounéour-Ménez, dont il sera beaucoup question au long de ces routes… Le soleil, trop matinal à Morlaix, n’a pas tenu ses promesses. À 10 heures, la bruine arrive, doucement, sur les trottoirs de Plounéour, où les arcs de pierre assombrie de la porte triomphale veillent sur l’enclos paroissial. Le silence de Plounéour, qui résonne dans la tête de Patrik, s’éveille au souvenir des violons réunis là, tous les deux ans, par le fameux Ploun fiddle band : la belle épopée que ce grand rassemblement de joueurs de violon de la région (et au-delà) !

Le temps, brume et bruine, se prête parfaitement à l’errance dans un paysage qui se voile, puis se dévoile, tantôt limité à ses talus, tantôt s’ouvrant sur un vaste horizon, dans des lumières belles comme dans le nord du monde. Quand Patrik a chanté l’épopée finnoise du Kalevala et le vieux Väinämöinen, son poète musicien magicien, il n’était pas si loin de l’Arrée. Et, en lecteur si passionné du Seigneur des Anneaux, comment ne retrouverait-il pas, dans ces collines aux griffes acérées, dans les vallées boisées qui les entaillent, un reflet du Rohan et de la Lothlorien ? ...

Patrik Ewen dans la peau de Merlin
© Simon Cohen

Et aussi : 

  • http://patrikewen.canalblog.com
  • Disques essentiels : Berceuse pour les vieux enfants, Les Récits barbares  et, avec le trio EDF,  En route pour la gloire !
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