Randonnée de la pointe de la Torche à Pont l'Abbé

Randonnée de la pointe de la Torche à Pont l'Abbé

La Torche, le phare d’Eckmühl, le port du Guilvinec, Pont-L’Abbé... Bienvenue dans un des territoires les plus puissants de Bretagne : le pays bigouden.

Difficulté : moyen
Durée : 2 jours
Distance : 42,5km

Publié le 22/04/2021
Modifié le 23/04/2021
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un randonneur marche sur la plage à Ploemeur
© Emmanuel Berthier
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Carte IGN 0519, OT Topo-guide : La côte de Cornouaille (De la pointe du Raz aux Montagnes Noires)Bertrand de Brun - Afdec
Carte IGN 0519 OT, Topo-guide : La côte de Cornouaille (De la pointe du Raz aux Montagnes Noires). Bertrand de Brun - Afdec

Jour n°1 - De la pointe de la Torche au port de Lesconil

Durée : 6h
Distance 24km

Départ à la pointe de la Torche

Il y a fort à parier que vous ne serez pas les seuls à la pointe de La Torche. Sur l’arc de la baie d’Audierne, le site, mondialement réputé, est prisé toute l’année par les amateurs de sport de glisse. La fine fleur du surf, les fondus de planche à voile et de kitesurf profitent d’une mer toujours formée qu’ils dénomment « la grande lessiveuse ». Quel que soit le temps - c’est encore plus impressionnant lors des tempêtes hivernales -, on peut y admirer d’incessants rouleaux. L’impétuosité des flots engendrait autrefois de nombreux naufrages. Aujourd’hui, il faut se méfier des baïnes, ces traîtres sables mouvants. Du promontoire occupé par les hommes dès le Mésolithique, admirez sans danger la majesté du site et la puissance de la nature.

Direction la pointe de Penmarc'h

Depuis le parking de La Torche, gagnez le chemin côtier. Délaissez la portion qui file au nord-ouest vers le cap Sizun, dont l’avancée extrême, la pointe du Raz, est visible par temps clair. Engagez-vous plein sud, le long de la plage de Pors-Carn, puis poursuivez en direction de la pointe de Penmarc’h. Après le musée de la Préhistoire finistérienne, le GR 34 vous régale d’un somptueux panorama. À cet endroit, la côte rocheuse est très découpée et l’animation des flots permanente. Altérés et érodés, les chaos granitiques affichent des formes étranges et fabuleuses. Vous reconnaîtrez aisément le Tire-Bouchon, la Baguette de pain, les Oreilles de lapin ou encore la Tortue. Malgré ces amusantes appellations données par la population locale et l’attrait sous le soleil de cette carte postale idyllique, n’oubliez pas la dangerosité potentielle de la mer et ne jouez pas les imprudents.

Plus basse que de l’autre côté de la baie d’Audierne, dans le cap Sizun, la côte bigoudène, très découpée, n’en est pas moins extrêmement impressionnante.
Plus basse que de l’autre côté de la baie d’Audierne,dans le cap Sizun, la côte bigoudène, très découpée, n’en est pas moins extrêmement impressionnante.© Emmanuel Berthier

 

Le rocher des Victimes rappelle le terrible drame survenu en 1870, quand cinq personnes ont été emportées par une lame alors qu’elles étaient descendues sur ce rocher plat pour mieux admirer les éléments marins. Ne vous écartez donc pas du sentier balisé. Sous un ciel aux nuages souvent galopants, on file vers le port de Saint-Guénolé, havre de bout du monde. L’écrivain Jean-Pierre Abraham, qui y avait élu domicile, le qualifiait de « complètement fou » et sa passe d’entrée « d’invraisemblable ». Le site impressionne. La volonté d’y installer un port, contre vents et marées, en dit long sur la ténacité des marins du cru : à la pointe extrême du Finistère sud, on ne compte souvent que sur soi-même.

Halte à la chapelle de Notre-Dame-de-la-Joie

Après avoir doublé les quais qui accueillent hauturiers, côtiers et bolincheurs, suivez les marques rouge et blanc du GR en direction de la pointe de Penmarc’h. Impossible de ne pas faire halte à la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie. Construite à la fin du XVe siècle, elle témoigne de la piété des communautés maritimes. Avant l’allumage de feux et de phares le long du littoral, les marins s’en remettaient au ciel. Sauvés d’un naufrage, ils ne manquaient pas de le remercier, offrant des ex-voto d’une beauté touchante. Certains d’entre eux se laissent admirer, suspendus aux poutres du sanctuaire.

chapelle Notre-Dame-de-la-Joie
Chapelle Notre-Dame-de-la-Joie © Emmanuel Berthier

 

Le phare d’Eckmühl, un passage incontournable

L’altière silhouette du phare d’Eckmühl, inauguré en 1897, aimante le regard. Sa tour en pierre de Kersanton, haute de soixante-cinq mètres, dont la cage d’escalier est tapissée de plaques d’opaline, mériterait également une halte. Mais gravir les 307 marches pour profiter d’un exceptionnel panorama sur le Pays bigouden risque de mettre à mal le cap fixé par notre feuille de route !

Cage d'escalier du phare d’Eckmühl
Cage d’escalier du phare d’Eckmühl © Emmanuel Berthier

Penmarc’h possède deux joyaux du patrimoine maritime breton : le phare d’Eckmühl et sa cage d’escalier tapissée de plaques d’opaline et la chapelle Notre-Dame-de-la-Joie. Ces deux monuments ont vu passer des générations de bateaux de pêche.

Outre Eckmühl, la pointe accueille le Vieux phare (1835), reconverti en centre d’expositions, une tour à feu accolée à la chapelle Saint-Pierre (XVIe siècle) et un sémaphore, toujours en fonction. Le regard embrasse une multitude de roches, dont l’île Nonna aux formes découpées. Le chemin bascule à présent le long de la côte sud, plus abritée. Au large de Kerity, les Étocs découpent leur silhouette festonnée. Barre dangereuse pour les marins, les récifs sont devenus depuis plusieurs saisons la terre d’élection d’une colonie de phoques gris.

Le port de pêche du Guilvinec

Après les dunes et la longue plage de sable fin du Ster, nous atteignons le grand port de pêche du Guilvinec. Le sentier passe par la terrasse panoramique aménagée au-dessus de la criée. L’été, en fin d’après-midi, la noria de côtiers rentrant au port et le débarquement de la pêche du jour attirent badauds et touristes. Comment résister à ce spectacle haut en couleurs, en clameurs et en odeurs ?

Port de pêche de Guilivinec
 Port de pêche du Guilvinec © Emmanuel Berthier

En route pour Lesconil

Le sentier longe l’arrière des magasins à marée, franchit le petit estuaire et gagne Léchiagat. On emprunte, au pied des dunes, une voie verte, mais on peut opter pour le haut de la dune ou la plage, si la marée le permet. Passées les plages de Léhan, Skividen et Kersauz, empruntez le chemin qui vire à droite vers les rochers de Goudoul. Il vous mène à la croix des Amoureux puis crochète vers le port de Lesconil.

Jour n°2 - De Lesconil à Pont L'Abbé

Durée : 4,5h
Distance 18,5km

En avant pour le littoral de Loctudy

Après avoir longé le bassin du port, dépassé la coopérative maritime et le centre nautique, prenez, à droite la rue Victor-Hugo, puis l’impasse du Ster Nibilic. Le chemin zigzague dans l’agglomération, traverse la ria du Ster, en empruntant un pont routier, puis serpente sur la dune qui longe la plage des Sables Blancs. Le littoral de Loctudy s’offre à vous.

Littoral Loctudy
Laissant l’océan derrière lui, le chemin prend la direction de Pont-L’Abbé, longeant la rivière du même nom. Depuis Loctudy, de nombreuses curiosités, dont ce menhir ennoyé, vont pimenter la randonnée, avant l’arrivée dans la capitale du pays bigouden, par le chemin de halage.© Emmanuel Berthier

 

Passage par les plages

Après la palue du Cosquer, voici les plages de Poulluen et de Pich Poud, la pointe de Saint-Oual, les plages de Lodonnec et Ezer, la pointe de Kerafédé et la plage de Kervilzic. Vous pouvez suivre les traits rouge et blanc du GR et gagner directement la place de la mairie de Loctudy, mais il serait dommage de ne pas pousser jusqu’au port. En face, vous admirerez, de l’autre côté de l’embouchure de la rivière de Pont-l’Abbé, l’Île-Tudy.

Plages
© Emmanuel Berthier

 

Longer les îles Garo et Queffen

Ramassée sur sa presqu’île effilée, cernée par les eaux de l’estuaire et de l’océan, la bourgade a un charme fou. Si le sentier quitte désormais l’océan, il n’en a pas fini pour autant avec les rives aquatiques. Après avoir longé la rue du Commandant-Carfort, prenez, à droite au rond-point, la petite rue de Kerilis, qui se poursuit par un chemin empierré. Rejoignez la digue du Suler. À hauteur de l’entrée du domaine du Dourdy, gagnez le pont (privé) de l’île Garo, sans l’emprunter. Virez à gauche et longez le parc du Dourdy au plus près de l’estuaire. Après une première partie de randonnée iodée, on apprécie la douceur des replis sylvestres. Les frondaisons de l’île Garo composent avec les bois et bosquets des îles Queffen, Chevalier et aux Rats un délicieux entrelacs végétal. Il est baigné par les eaux de la rivière, remontée deux fois par jour par la marée. Empruntez le chemin d’accès à l’île Queffen (sans gagner l’île, elle aussi privée), puis, après avoir suivi la route, gagnez le sentier qui frôle le menhir ennoyé de Penglaouic.

L'estuaire de Pont-l'Abbé

Après avoir éprouvé la vitalité de l’océan atlantique, le randonneur goûte aux charmes apaisés de cet océan de verdure. Crochetez dans les bois de pins, puis gagnez l’ancien chemin de halage qui permettait la navigation des bateaux jusqu’au port de fond d’estuaire de Pont-l’Abbé. La promenade offre un point d’observation idéal sur l’avifaune qui y a élu domicile. Les hérons (qui nichent en nombre et bruyamment chaque printemps), aigrettes, spatules, courlis se prêtent aimablement au jeu de l’observation l’été, tandis que l’hiver, tadornes, sarcelles et bécassines prennent le relais.

Estuaire de Pont-L'Abbé
Estuaire de Pont L'Abbé © Emmanuel Berthier

 

Port de Pont l'Abbé

La marche est aisée sur ce ruban plat et sinueux, long de deux kilomètres, qui nécessita de rudes efforts de construction de 1848 à 1907. Sur la rive opposée, après le bois de Bodilio, voici Pors-Moro, son élégant moulin à marée et son chantier naval. Un peu plus loin, on aperçoit l’église de Lambourg, au clocher mutilé, décapité par les troupes de Louis XIV en 1675, en représailles à la révolte des Bonnets Rouges. À l’issue du chemin de halage, vous abordez les quais de l’ancien port de commerce de Pont-l’Abbé.

Port de commerce de Pont-L'Abbé
Ancien port de commerce de Pont L'Abbé © Emmanuel Berthier

 

L’élégant monument aux Bigoudens de François Bazin (1931) met en scène cinq femmes en costume traditionnel. Vous voici au terme de la randonnée. Le donjon du château des barons du Pont abrite le passionnant musée Bigouden, dédié aux arts et traditions populaires. Longez l’étang et par l’allée Marie de Kerstrat, à droite, gagnez la gare routière.

Accès

Pointe de la Torche, Plomeur.
Deux parkings peuvent accueillir votre véhicule. Il existe une ligne de bus entre Pont-l’Abbé et La Torche.
Renseignements au 02 98 90 88 89

Office de tourisme

Destination Pays Bigouden Sud
11, place Gambetta, 29120 Pont-l’Abbé
Téléphone : 02 98 82 37 99
www.destination-paysbigouden.com

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