Youenn Jézéquel, il écoute les homards

Youenn Jézéquel, il écoute les homards

Passionné par les homards depuis l'enfance, Youenn Jézéquel, aujourd'hui étudiant à Brest cherche à identifier et comprendre les sons émis par les crustacés. Un langage ? 

Youenn Jézéquel vit un rêve. Ce jeune homme, qui dit « écouter chanter les homards » lorsqu’il doit expliquer ce qu’il fait, consacre aujourd’hui sa vie à l’objet de sa passion : il observe et analyse les comportements de ces crustacés à grosses pinces qui le fascinent.

« Ma curiosité pour le homard remonte à l’enfance, nous raconte-t-il. Tout petit, après l’école, je filais sur la grève, près de Trestraou, à Perros-Guirec. Là, j’avais mes mares qui m’attendaient, remplies de crabes verts, d’étrilles et de poissons-chats. » Son père, grand pêcheur à pied, mais aussi plongeur sous-marin, n’est pas étranger à cette douce lubie. C’est avec lui que, quelques années plus tard, Youenn va découvrir ce qui se passe, sous l’eau, dans cette grande “mare” appelée la Manche.

La plongée sous-marine élargit d’un seul coup son terrain de jeu et, très vite, il connaît les fonds de la baie de Perros-Guirec comme sa poche. Bientôt, les trous à homards n’ont plus aucun secret pour lui. Mais cela ne nourrit pas son homme et Youenn Jézéquel va s’engager dans la voie de ses parents, la médecine.

Bavardes langoustes

« Je n’étais pas fait pour ça. Au bout d’un an d’études, une conseillère d’orientation m’a fait passer une sorte de test pour identifier mes centres d’intérêt, les deux mots qui en sont sortis étaient “mer” et “homard”. C’est là que j’ai découvert qu’il existait une filière correspondant exactement à ce que j’aimais, la biologie marine. » Exit donc la médecine et cap sur l’université de Bretagne occidentale.

Lorsque nous l’avons rencontré, en début d’année, à Brest, dans les locaux de l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM), il rentrait du Massachusetts (USA). Un ancien pensionnaire de l’École nationale de techniques avancées, Julien Bonnel, lui a enseigné pendant deux mois les bases mathématiques du traitement du signal. Du traitement sonore, pour être précis. Car c’est à l’écoute des sons produits par les homards que Youenn Jézéquel consacre actuellement sa thèse.

Comment passe-t-on de la pêche aux homards à l’écoute de leurs sons. Et surtout, pourquoi ? « En première année de master, j’ai rencontré Laurent Chauvaud, directeur de recherche au CNRS, qui mène notamment des études sur l’impact du bruit sur les invertébrés marins. Il a vu que j’étais passionné par les homards. Il ne savait pas si les crustacés émettaient des sons particuliers, alors il m’a proposé ce sujet de thèse. » Depuis, Youenn Jézéquel s’est lancé à corps perdu - il adore être sur le terrain, surtout quand cela consiste à mettre la tête sous l’eau - dans les expérimentations et, grâce notamment à des essais menés dans les aquariums d’Océanopolis, il a pu constater scientifiquement ce que les plongeurs savent tous : les langoustes sont très bavardes. En frottant leurs antennes les unes contre les autres, elles émettent des sons qui leur ont valu le surnom de “criquet de la mer”. Moins loquaces, les homards émettent néanmoins, eux-aussi, leurs propres messages (lire ci-contre).[...]

Rechercher un hébergement à proximité
À découvrir aussi : Les Incontournables de Bretagne Magazine
Annick Fleitour
Annick Fleitour
Annick Fleitour
Annick Fleitour
Annick Fleitour
Annick Fleitour
Contenus sponsorisés