Le Faouët, pays de la belle Marion

Le Faouët, pays de la belle Marion

Ils sont encore nombreux les coins de Bretagne qui gardent leur aspect des temps anciens et où se conservent quelques traditions. Moins célèbre que bien d'autres, mais non moins attrayant est le pays de Faouët, le pays de Marion la belle rousse, Marion le chef de bande, qui pendant 15 ans, au siècle des bergeries, terrorisa tout le pays breton.

Le Faouët signifie en breton Le Bois de Hêtres : Ar Faoued. Sans doute, aux temps anciens, cet arbre croissait-il en grande abondance en cet endroit de l'immense forêt qui occupait le centre de l'Armorique. Comme beaucoup d'autres cités, celle-ci prit naissance autour d'un château fort. Il n'en reste nulle trace aujourd'hui; seul l'emplacement en est connu par une rue à laquelle il a donné son nom : la rue du Château. Son origine semble remonter aux débuts de la féodalité. S'il faut en croire la gwerze Groeg ar c'hroazour, du Barzaz Breiz, le Seigneur du Faouët prit part à la première croisade en 1095.

Pendant la Guerre de succession de Blois et de Montfort, le château du Faouët fut attaqué. Les troupes du roi Edouard d'Angleterre, qui soutenait Montfort, le prirent d'assaut en 1342. Il appartenait à cette époque aux seigneurs de Bouteville, dont la résidence habituelle était le manoir du Saint (deux kilomètres du Faouët).

Trois noms sont à retenir dans cette lignée des Bouteville : Jehan qui fit construire la chapelle Saint-Fiacre entre 1440 et 1480; son fils qui vendit au seigneur de Toulboudou, de Locmalo, le 6 juillet 1489, l'emplacement de la chapelle de Sainte-Barbe; enfin, Yves qui peut-être dota Saint-Fiacre de ses magnifiques vitraux, vers 1550.

Cher marquis du Faouët...

Aux Bouteville succédèrent les Goulaine, vers la fin du XVIe siècle. Au XVIIe, la baronnie du Faouët passa à la famille du Fresnay, famille qui, en 1658, fonda le Couvent des Ursulines, aujourd'hui Musée des peintres. Nicolas du Fresnay prit la titre de marquis du Faouët.

Les ancêtres d'Auguste Brizeux vinrent se fixer, en 1690, au manoir de Kérihuel. Ils étaient notaires; et c'est le grand père du grand poète qui vendit le manoir pour venir demeurer en la ville du Faouët.

Le Faouët est riche en monuments. Son église est très ancienne; certaines parties remonteraient au XIIe siècle. Elle subit des modifications au XVIe et XVIIe. Les statuts en granit d'un seigneur et de sa femme se trouvent au transept sud. Ses magnifiques retables Renaissance ont été brûlés pendant l'incendie de 1917. Reste le vieux clocher; il ne s'en rencontre, paraît-il, de semblables qu'en Scandinavie. Il échappe à toute classification.

Les halles méritent aussi d'attirer l'attention. Elles sont du XVIe siècle. Elles mesurent 53 mètres sur 19. Il est impossible de ne pas être impressionné par la puissance de la charpente qui soutient le toit aux proportions énormes.

De nombreuses excursions

Un des charmes du pays du Faouët, ce sont ses nombreux lieux d'excursions. Citons l'Abbaye de Langonnet, fondée en 1137 par le duc Conan le Gros et dont Saint-Mauriec, de Carnoët, fut abbé ; la belle église gothique de La Trinité-Langonnet, la chapelle Saint Nicolas de Priziac, l'église de Kernascléden, le plus beau monument gothique du Morbihan; le château de Pontcallec, à côté; les Roches du Diable et Saint-Urlo, en Lanvénégen; la chapelle de Saint-Fiacre et son magnifique jubé (le plus beau d'Europe) ainsi que la chapelle Sainte-Barbe, bien évidemment.

La Chapelle Sainte-Barbe, lieu célèbre de pèlerinage est accrochée aux flancs de la montagne, à 1.500 mètres du Faouët. Elle est enfouie dans la forêt, à pic au dessus de l'Ellé qui écume en faisant un bruit rapide, et c'est un vrai bijou d'architecture élégante et fine comme on n'en voit pas souvent en Bretagne.

Savez-vous la légende de cette chapelle ? Vincent, seigneur de Toulboudou, en Locmalo, chassant un jour de l'année 1489 dans la vallée de l'Ellé, fut pris par un orage formidable. Un bloc de rocher, détaché par la foudre, roulait sur la pente de la montagne et allait l'écraser. Il n'eut que le temps d'invoquer sainte Barbe et le roc s'arrêta, comme cloué sur le sol. A la place même où il avait été si miraculeusement épargné, le seigneur fit élever une chapelle par son architecte de génie.

On descend à la chapelle par de grands degrés majestueux, on passe sous une arche d'une noble hardiesse, une tourelle gracieuse monte sous les arbres et jamais la foi n'a trouvé pour s'exprimer sanctuaire plus intime dans un décor plus magnifique, refuge plus accueillant contre toutes les forces mystérieuses de la nature.

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