Rennes des champs - Balade à vélo

Rennes des champs - Balade à vélo

Sur les chemins noirs. C’est le titre du dernier livre de Sylvain Tesson. Il y décrit son périple sur les sentiers oubliés de la France rurale. On a tenté la même chose en sortant le moins possible de Rennes intra-muros. Par la campagne.

© BERTHIER Emmanuel

Des haies bocagères séparent les cultures de maïs de prairies où broutent quelques vaches. D’anciennes fermes parsèment le paysage vallonné. Seul le bruit de la rocade rappelle la présence toute proche de la frénésie urbaine. Bienvenue à Rennes. 215 000 habitants et quelques champs. Comme l’écrivain Sylvain Tesson l’a fait sur tout le territoire français, nous tentons une traversée de Rennes par ses « chemins noirs » : d’anciens sentiers qui reliaient les fermes et les hameaux aux terres agricoles. Le défi ? Relier le Frac à l’écomusée, tout en restant le plus possible sur le territoire communal et les chemins ruraux. Un parcours de 21km, dont 17 dans Rennes intra-muros, le tout à vélo.

Le départ du Frac signe une rude montée dans le parc de Beauregard. Il y a 25 ans, le quartier était une vaste étendue de zones agricoles. Témoin de cette ruralité, la maison du parc est une demeure typique de la campagne rennaise. Avant de traverser la rocade, on passe par d’anciens chemins ruraux où des panneaux précisent : « Interdit, sauf engins agricoles. » Quelques prairies en friche demeurent, entourées de pelleteuses, annonçant la fin, imminente, des restes de ruralité intra-rocade.

« Que vont devenir les zones agricoles ? »

Passé la quatre-voies, on arrive à la Lande du Breil. On emprunte la route des Champs Rôtis, jusqu’au lieu-dit la Gaucherais. L’itinéraire nous conduit chemin de Maison-Neuve. Une famille vit dans une ancienne ferme. « On n’a pas l’impression de vivre à Rennes, confie la mère. Cinq ans qu’on est ici, et on vit comme des ruraux alors qu’on est rennais. » Un peu plus loin, un couple d’anciens agriculteurs élève encore quelques chèvres. Ils cultivent un potager au milieu des champs. « J'ai toujours vécu à la Lande du Breil, raconte le vieil homme. Mais quand les agriculteurs auront disparu, que vont devenir les zones agricoles ? » Les lieux-dits s’égrènent sur les chemins oubliés : Tesgues, Les Roches... Obstacle non mentionné sur Google maps : les jardins du Breil. Un chantier d’insertion dédié à l’agriculture biologique. La grille est ouverte. On l’emprunte sans problème pour rejoindre, au milieu des maraîchages, un sentier de terre, direction le Pont Lagot. On passe par-dessus la N12. Les tours de Villejean prolongent le ruban de bitume. Entre la N12 et la N1012, quelques sous-bois atténuent le bruit des voitures. On dépasse une écurie avant de s’engager sur la commune de Vezin. Puis de rattraper Rennes via la rue de Vezin. Le but : éviter la route de Lorient et ses a¬reux hangars.

Zones humides

On repasse la rocade pour atterrir dans le quartier d’Atalante Champeaux. Un sentier de terre longe la voie ferrée. De l’autre côté, les entreprises hightech ont pris place sur les ex-terres agricoles. Dans le quartier de Bourg-l’Evêque, on retrouve la verdure, via le chemin de hallage qui longe la Vilaine. L’écluse Moulin-du-Compte a gardé son côté bucolique, tandis que se dresse, en arrière-plan, la silhouette massive du Roazhon Parc. Déviation nécessaire par le parking de Leclerc Cleunay. On traverse ensuite la route des étangs d’Apigné, pour rejoindre le chemin Robert de Boron. Prairies, sous-bois... Le cadre est campagnard. D’autant que la voie est interdite aux voitures. On quitte une seconde fois Rennes pour se retrouver dans le parc de Saint-Jacques et ses zones humides. A l’orée de la capitale bretonne, on parcourt à nouveau les tristes résultats de l’émiettement urbain : zones pavillonnaires, centre commercial, échangeurs... Le chemin qui mène au Bois-Harel repasse dans Rennes. A gauche la rocade, à droite la campagne. On emprunte, sur la fin du parcours, les sentiers de Noyal-Chatillon via la Haute Teillais et le Vallon. Ici, le jaune du colza est le dernier rempart rural avant le serpent gris de la rocade, les blocs de béton du Blosne et les façades vitrées de l’immeuble Le Duff. Enfin, l’écomusée dans l’ancienne ferme de la Bintinais. Un coin de campagne 100% rennais qui, lui, est assuré d’être préservé.

Extrait du supplément du Mensuel de Rennes Un été à Rennes 2018

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