Les enclos paroissiaux en Finistère

Les enclos paroissiaux en Finistère

Les enclos paroissiaux sont une spécificité bretonne. Ils sont l’expression d’une grande piété qui, dans une période de prospérité économique du XVe au XVIIe siècle, va se matérialiser dans la pierre et produire des ensembles architecturaux uniques au monde !

Publié le 24/08/2020
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L'enclos paroissiale de Guimiliau, le calvaire, le porche et la sacristie © Photolyse - Adobestock
  • Fleurons de l'architecture religieuse bretonne

Du XVIe au XVIIe siècle, la pointe de Bretagne vit un essor artistique sans précédent porté par une période de prospérité. La Bretagne cultive, file et tisse le lin et le chanvre qu’elle exporte dans toute l’Europe. Ce commerce dynamise les ports bretons, crée de la richesse et favorise les échanges culturels. Les enclos paroissiaux, ensembles architecturaux religieux sont le fruit de ce double enrichissement. Les thèmes et la profusion de leur ornementation sont aussi une réaction à la rigueur imposée par la contre-réforme.

  • Une vive émulation

Les plus beaux exemples de ces ensembles typiques de la « basse Bretagne » se concentrent essentiellement des abords du Léon aux monts d’Arrée. Dans ce périmètre, on en recence pas moins de soixante-dix. Si ces espaces sacrés obéissent tous au même schéma : une église, un calvaire et un ossuaire, un cimetière enclos de murs, et accessibles par une porte triomphale, ils sont tous différents par l’originalité de leur architecture, de leurs sculptures et de leurs ornementations extérieures et intérieures. Témoins des prouesses de la foi, d’une prospérité passée, ils sont aussi la vitrine du talent d’artistes locaux qui puisaient leur inspiration dans les courants artistiques de l’Europe de leur époque. Moins glorieux, ils sont le reflet d’une émulation entre les paroisses, à l’origine de véritables rivalités de clocher, sorte de joutes artistico-religieuses à savoir qui édifierait le plus bel enclos ! Un péché d’orgueil qui nous laisse un bel héritage d’art populaire ! 

  • Trois boucles 

Entre la rade de Brest, les monts d’Arrée et la baie de Morlaix, trois circuits permettent de partir à la découverte d’une grande partie de ces merveilles d’architecture. Le circuit de Landerneau (55km) serpente dans la vallée de l’Elorn, là où la pierre grise de Kersanton, épouse l’ocre jaune des pierres de Logonna. Il chemine entre Dirinon, La Martyre, Pencran, Ploudiry, La Roche-Maurice, Tréflévénez, Le Tréhou et Trémaouzen. Celui de Landivisiau s’étire sur 90 km du nord au sud sur un axe qui relie le cœur du Léon aux monts d’Arrée. Il passe par Lampaul-Guimiliau, Guimiliau, Commana, St-Cadou, Sizun, Locmélar, Loc-Éguiner, St-Servais, Bodilis et Berven. La boucle de Morlaix, 70 km, nous conduit de Saint-Thégonnec jusqu’à Plougonven où se trouve l’un des plus grands et des plus anciens calvaires de Bretagne, en passant par Plounéour-Menez et l’abbaye du Relec.

Renseignements : www.roscoff-tourisme.com/ ; www.baiedemorlaix.bzh/ ; www.tourisme-landerneau-daoulas.fr/

  • Une immersion dans l’âge d’or breton au XVIe et XVIIe siècles

Si l’on souhaite aller au-delà de la simple contemplation de ces joyaux d’architecture religieuse, à Guimiliau, juste à côté du magnifique enclos de cette petite commune située au cœur du Pays de Landivisiau, le Centre d’interprétation de l’Architecte et du Patrimoine « Les Enclos » nous donne les clés pour comprendre ces ensembles et leur genèse. Immergé dans une scénographie moderne, différents espaces ludiques et interactifs permettent aux visiteurs, petits et grands, de remonter le temps à l’aide de maquettes en bois, fac-similés, jeux et projections scéniques. Ce centre présente le contexte d’apparition des enclos (économie, religion, société), l’architecture mais également l’évolution de l’appréciation de ces monuments, depuis les premiers voyageurs du XIXe siècle jusqu’aux actions contemporaines. Expositions temporaires et un centre de documentation complètent cette approche.
Renseignements : T. 02 98 68 33 33 -  www.ciap-enclos.fr/

  • Guimiliau

Ici, le faste et l’opulence se déploient dans le grand calvaire (XVIe), dont les 200 personnages relatent la vie du Christ. De tous ses contemporains, c’est le plus théâtral : la Passion est ici un drame qui se joue en tenue d’époque ! Ce faste, se retrouve aussi dans le grand porche du XVIIe, presque aussi haut que l’église et l’élégante sacristie circulaire (XVIIe).

  • La Martyre

La Martyre, Arc de triomphe © Guitou60 - Adobestock
La Martyre, Arc de triomphe © Guitou60 - Adobestock

 

Lieu de foire jadis, attirant marchands français, anglais ou flamands, La Martyre témoigne encore de ce riche passé par la magnificence de son enclos à l’impressionnante porte de triomphe ou porte de la mort, puisqu’elle permettait d’entrer dans le cimetière. C'est le plus ancien du Léon, sa construction s'échelonne du XIVe au XVIIe siècle.

  • Pleyben

Calvaire de Pleyben - © Laurent Prat - AdobeStock
Calvaire de Pleyben © Laurent Prat - AdobeStock

 

Ici, l’enclos paroissial est remarquable par son calvaire véritable livre de pierre qui raconte en 3D l’histoire sainte. Il faut l’imaginer peint. Cette polychromie aujourd’hui disparue, aidait à la compréhension des saynètes. Ainsi la tunique rouge caractérisait les romains, quand l’ocre et le bleu revêtaient les personnages liturgiques… Dans l’ossuaire de style gothique flamboyant un petit musée présente les traditions locales. 

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