Le phare de Fréhel

Le phare de Fréhel

Les temps ont bien changé depuis 1719, lorsque capitaines et pilotes se plaignaient auprès de l'administration royale du fonctionnement aléatoire du feu qui « n'est pas toujours allumé et, si on allume le feu chaque soir, les gens qui en ont soin ne s'en mettent plus en peine et il se forme sur ce charbon une couche qui empêche que le charbon n'aille si vivement et qui en même temps cache la lumière ».

Ils décrivaient par ces mots le feu de la tour érigée en 1702 par les Malouins, sur les conseils de Vauban, à la pointe du Cap Fréhel. On peut comprendre le mécontentement des marins lorsque l'on sait que le feu allumé à ciel ouvert en haut de la tour était victime des rafales de vent et autres intempéries.

Un second phare

Pour améliorer la situation, une lanterne vitrée et close est installée en 1744 sur le même modèle que celle du phare de la pointe Saint-Mathieu. En 1775, l'arrivée du système à huile va révolutionner la qualité d'éclairage.

Un nouveau phare plus fiable et plus haut s'avère néanmoins indispensable; l'humidité ronge l'ancien bâtiment constitué de moëllons bruts. Une seconde tour est donc construite à quelques mètres à partir de 1845 pour être allumée le 1er mai 1847. Réalisée selon les plans de Léonce Reynaud, celle-ci fut détruite il y a 60 ans, à la Libération. Provisoirement, la tour de 1702, toujours visible, a repris du service jusqu'au 1er juillet 1950, date du début de l'édification de la tour carrée visitable actuellement.

Vers un feu plus fiable

Malgré les innovations technologiques et la nouvelle tour, le feu reste encore de mauvaise qualité. Pour remédier définitivement aux problèmes de fiabilité, il est décidé d'électrifier le phare.

A partir de 1884 et durant deux ans, de nouveaux bâtiments sont construits pour accueillir les génératrices électriques... Qui n'arriveront jamais faute de budget.