Le phare de Kéréon

Le phare de Kéréon

Le 22 janvier 2005, Kéréon a connu ses dernières heures de phare habité avec l'ultime relève. Il entraîne avec lui un pan de l'histoire des phares.

Frédéric et Jean-Philippe ont été les derniers gardiens à accoster le phare de 41 mètres de haut et à en prendre soin. Le dernier phare de France, où les relèves s'effectuaient par l'intermédiaire d'un filin tendu par un bateau, est maintenant automatisé.

Si son accès était spectaculaire, sa construction ne le fut pas moins. Commencée en 1907 au point de convergence de la Manche et de l'Atlantique sur la bien-nommée Men-Tensel ('pierre hargneuse' en français), son édification n'a pas été une sinécure. Une douzaine d'ouvriers surpris par le temps ont ainsi dû être évacués en catastrophe en 1910. La chaloupe de liaison les récupéra un à un.

Le Palace

Plusieurs anecdotes ont ponctué les 11 années de construction qui ont coûté la vie à un ouvrier emporté par la mer. Mais l'administration n'a pas pour autant cédé à l'adversité. Le don attribué en 1910 à l'Etat redonna du cœur à l'ouvrage : les travaux reprirent grâce au demi-million de francs légué par une descendante de Charles-Marie Le Dall de Kéréon, soucieuse de conserver la mémoire de ce jeune officier de marine guillotiné en 1740.

En entrant dans le phare, pour ceux qui ont la chance d'y pénétrer, il est encore possible de lire la dernière lettre de l'officier à son père.

Kéréon, que les connaisseurs se plaisent à nommer « Le Palace », est le dernier phare de pleine mer à avoir bénéficié d'un aménagement luxueux après la Grande Guerre, avec des sols marquetés et des salles lambrissées.

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