Le phare de la Jument

Le phare de la Jument

Au moment de quitter la Jument, le gardien Victor Gybois se ravise. Quelque chose de fort le retient...

Si les personnages de « Les feux de la mer », tourné par Jean Epstein, sont si attachés à leur phare, c'est sans doute parce que dompter la Jument est une sorte de baptême. Le cinéaste dira du métier de gardien qu'il est « l'un des symboles de l'entraide humaine la plus spontanée et la plus heureuse. »

Le phare à lui tout seul pourrait faire l'objet d'un film. La tourelle de granit repose sur une roche nommée 'Ar gazec' (la jument), émergeant d'un mètre à peine à marée basse. Ce premier chantier en mer marque le premier pas d'une grande opération de balisage d'Ouessant.

Finalement allumé en 1911

Le défi technique pourrait s'arrêter là. Mais il s'avère que cette construction est le fruit d'un legs de 400.000 francs. Dans son testament, le légataire Charles-Eugène Potron pose une condition bien contraignante : la construction du phare doit être terminée dans les sept ans suivant l'ouverture du testament.

Au-delà de ce délai, l'intégralité du don devra revenir à la Société Centrale des Naufrages. Une autre des conditions imposées par Charles-Eugène Potron était de graver dans le phare : « Phare construit en vertu d'un legs de Charles-Eugène Potron, membre de la société de Géographie de Paris ». Ce fut fait. Pourtant l'Etat finança plus de la moitié du prix du phare.

Au défi technique s'ajouta donc une date limite que les Phares et Balises eurent bien du mal à respecter. Rapidement, l'administration prend conscience, rapport à l'appui, de l'impossibilité de tenir les délais. Une grande opération de duperie contre l'exécuteur testamentaire est alors lancée. Les rapports optimistes se multiplient.

Un bateau des Phares et Balises est même baptisé en catastrophe Eugène-Potron. Et le subterfuge fonctionne. Le phare est finalement allumé en 1911, avec sept mois de retard, sans retrait du legs. Mais la tour montre rapidement des signes de faiblesse. Plusieurs gardiens notent que la tour tremble chaque jour de tempête.

 Le pire des « Enfers », si l'on suit le classement des gardiens.

Rechercher un hébergement à proximité
À découvrir aussi : Phares de Bretagne
Contenus sponsorisés