Le phare de La Vieille

Le phare de La Vieille
La tour carrée du phare de la Vieille - Ar Groac'h en breton - s'élève entre la Pointe du Raz et l'île de Sein. Il signale un passage extrêmement dangereux qui se prolonge par la chaussée d'Ar-Men.

C'est une véritable nécropole de navires, justement appelée Ar Véret : le cimetière. Les courants de marée peuvent y atteindre jusqu'à quinze noeuds, et au début du XIXe siècle, en une seule année, 23 bateaux sont partis par le fond.

En 1860, pour répondre aux besoins de la grande navigation et des liaisons transatlantiques, il est décidé d'ériger un phare sur la roche Gorlébella, qui signifie « la roche la plus éloignée ». Les premiers travaux d'approche et d'accostage commencent en 1879, deux ans avant l'allumage du phare d'Ar-Men. Le feu fixe de La Vieille s'allume enfin le 15 septembre 1887.

L'affaire des Corses

En 1925, les gardiens du phare sont deux Corses, Mandoloni et Terraci, mutilés de la Grande Guerre, affectés à La Vieille sur des 'emplois réservés'. Blessés notamment au poumon, on imagine le martyre souffert par les deux hommes pour monter et descendre les 120 marches de l'escalier ou pour effectuer les acrobaties nécessaires lors des relèves. Leurs protestations restent vaines.

Une terrible tempête s'installe à la mi-décembre et jusqu'au 28 février 1926, les deux gardiens demeurent bloqués dans le phare; aucune relève, aucun ravitaillement ne sont possibles. Leur calvaire est médiatisé suite à un naufrage et l'affaire, qui fait grand bruit jusqu'à Paris, provoque l'interdiction définitive d'employer des mutilés de guerre dans les phares en mer.

Le phare est finalement automatisé le 14 novembre 1995. Télécontrôlé depuis l'île de Sein, il ne peut pas se visiter.

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