Le phare de Port-Navalo

Le phare de Port-Navalo

Si Port-Navalo a passé les siècles, c'est peut-être grâce à sa bonne étoile.

Dans les archives des Phares et Balises, il apparaît que la tour, considérée comme secondaire par les Allemands sous l'occupation, reste à l'abandon, délestée de son optique en 1942.

En 1944, l'ingénieur Le Net la sauve du dynamitage. Ce dernier argue face à l'occupant que « les phares n'appartiennent à personne car ils servent à épargner les vies des marins de toutes les nations et celles de leurs passagers. »

Naufrage de « La France »

Une mission parfois difficile à remplir.

Le phare de Port-Navalo est posté à la pointe de la Presqu'île de Rhuys. Son alignement avec la Teignouse (*) trace l'axe permettant d'entrer sans encombre dans le Golfe du Morbihan. Une voie d'accès bien connue aujourd'hui qui n'a pourtant pas toujours été sans risque. Le 26 août 1922, le naufrage du cuirassé « La France » révèle trop tard un haut-fond passé inaperçu et non cartographié, placé en plein sur l'alignement des deux feux.

Deux phares

Le phare originel est la plus petite des deux tourelles visibles de part et d'autre de la maison du gardien (**). Datant de 1840, son système d'éclairage, aujourd'hui éteint, est alors doté d'un feu fixe blanc placé à dix mètres de haut, avant d'être renforcé en 1864 en direction de la Teignouse. Mais ce n'est pas assez.

Deux paramètres caractérisent un phare efficace :

  • sa hauteur doit être suffisante pour dépasser l'horizon,
  • sa lampe de puissance adéquate pour être visible de loin sans gaspiller d'énergie

C'est donc une tour cylindrique de 19 mètres de haut qui a pris le relais en 1895. Electrifiée en 1930, la lanterne est actuellement équipée d'une lampe à halogène de 180 w qui éclaire le golfe à quinze milles d'un feu blanc, rouge et vert à trois occultations toutes les douze secondes.

Le phare est aujourd'hui automatisé, non gardienné et ne se visite pas.